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Alabama Song – Gilles Leroy (2007)

Ce livre, prix Goncourt 2007, nous raconte de façon romancée la vie de Zelda Fitzgerald, femme de Francis Scott Fitzgerald, qui justement a beaucoup souffert de n’être que « femme de ».
L’auteur
Gilles Leroy, je ne connaissais pas du tout. J’ai juste entendu parler de lui quand il a reçu le Goncourt.
L’histoire du livre
C’est donc celle de Zelda, « une belle du sud, » née en 1900 en Alabama, dans une très bonne famille. Une forte tête qui refuse de se plier aux conventions (une artiste en somme ?) et qui se marie avec Fitzgerald, alors lieutenant et apprenti écrivain (une opportunité pour elle de quitter son « trou »).
On suit ici son histoire entre 1920 et 1940 (à la mort de Fitzgerald).
Ils vont vivre notamment en France (sur la Riviera, ce qui est bien décrit dans Tendre est la nuit), elle va y rencontrer un aviateur français dont elle tombe profondément amoureuse.
Elle va tenter d’écrire, son mari le lui refuse.
On assiste à la lutte et à la déchéance de cette femme, de cet homme et du couple.
En effet, Fiztgerald décède en 1940, alcoolique et dans la misère (ses livres à l’époque ne se vendent plus du tout) et Zelda, après de très nombreux séjours en hôpital psychiatrique, décède dans l’incendie de son hôpital en 1948.
Ce que j’en ai pensé
Un très bon livre qui se lit comme un roman.
J’ai été très touchée par ce destin de femme incomprise, exceptionnel à tout point de vue.
Je comprend tout à fait la fascination de l’auteur pour cette femme et il la transmet très bien.
Quelle(s) vie(s) !
C’est juste totalement déstabilisant de ne pas démêler du vrai et du faux. Des pistes sont lancées.
On y découvre un Fiztgerald, homosexuel et amoureux de Hemingway (qui se nomme ici Lewis O’connor, ou surnommé O’connard !).

On y voit aussi Fitzgerald, de façon pas très aimable (à travers les yeux de Zelda), assoiffé de reconnaissance, qui s’inspire fortement de sa vie et de celle de sa femme pour ses romans (mais quel auteur ne le fait pas ?).
Surtout, Zelda l’accuse ici d’avoir littéralement été plagiée et de l’avoir empêchée d’écrire.
On ne saura jamais le vrai du faux sûrement, en tout cas, un seul roman (autobiographique) de Zelda subsiste et j’ai bien envie de le lire : Accordez-moi cette valse. (1932)
Ce qu’on remarque, c’est qu’un tel couple explosif d’artistes continue de fasciner autant et de créer autant de fantasme autour de lui après autant de temps. 

La légende est bien là et le mystère demeure.

Extraits

« Bébé, implorait Scott, arrêtons ce cirque, veux-tu ? Accordons nos violons » Scott est très féru des expressions françaises, même s’il ne les connaît qu’à travers sa méthode Rosenthal, révisée avant chaque départ. Mais moi qui ne connaissait* pas la métaphore populaire, j’ai entendu : « accordons nos violences » et j’ai dit oui, tout de suite.

* avec une belle faute d’orthographe ici, avec un « s » à la fin de connaissait (sic). Mais que font les correcteurs ?

Les hommes : d’eux-mêmes ils disent qu’ils sont « tourmentés », et c’est si élégant, si romantique, le signe de leur distinction supérieure. De nous, à peine nous déraillons, ils disent que nous sommes hystériques, schizophrènes – bonnes à enfermer, c’est sûr.

De toutes façons, il y a de fortes chances que vous ayez à vous excuser. Il y a un jour,  inévitable, où il faut s’excuser d’écrire. Écrire n’est pas correct.

L’avis de Leiloona
D’autres avis ici et
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15 réflexions sur “Alabama Song – Gilles Leroy (2007)

  1. Dominique dit :

    Je ne me jette jamais sur les prix car s’ils sont bons ils font leur chemin et on a tout le temps de les lire, la preuve
    Ce billet est très tentateur, un couple mythique, j’ai lu il y a qq temps le livre de Pietro Citati sur eux mais je vais peut être repiquer grâce à cette chronique

  2. Pickwick dit :

    J’avais très envie de le lire mais un peu renoncé suite à des avis peu enthousiastes… merci de relancer tout ça ! En fait, ces deux bios me font très envie, alors il va falloir que je me décide !

  3. Marianne dit :

    Encore deux livres à rajouter dans ma liste,moi qui adore Fitzgerald…Ca va être dur ces temps-ci car je viens de recevoir ma convoc’ pour le 16 septembre. Pour une provinciale comme moi c’est un gros stress supplémentaire de devoir monter à la capitale : au fait, tu ne connaîtrais pas un hôtel propre et pas trop cher près de la gare de Lyon ? Et toi, c’est quand tes résultats ? Les derniers jours d’attente sont toujours les pires: courage !

  4. leslivresdegeorgesandetmoi dit :

    je l’ai lu il y a peut-être deux ans et je n’ai pas été aussi emballée que toi, j’ai trouvé le début un peu long à se mettre en place et puis il y a un vrai changement et tout à coup j’ai enfin été sensible au style et au personnage de Zelda, la fin est très émouvante !!! comme toi j’ai eu alors envie de lire le roman de Zelda !

  5. flou dit :

    j’avais adoré ce livre! il est vrai que je l’ai lu comme un roman, sans me soucier de délier le vrai du faux, mais je l’ai aussi terminé avec la promesse de lire les livres des deux époux!

  6. asphodele dit :

    Aaaah ce livre ne quitte plus ma table de nuit depuis deux ans! A la première lecture je ne savais pas qu’il y avait une part de fiction, bon en même temps j’étais a l’hôpital après une anesthésie… A la 2eme lecture j’ai été foudroyee : par l’écriture magnifique de G.Leroy qui y a mis ses tripes a lui et bien sur par le personnage de Zelda qui reste sublime jusque dans sa déchéance. Elle ne perdra jamais sa lucidité et C’est ca qui fait mal. Aujourd’hui elle ferai sûrement la une des tabloids!
    Bien au-delà de ce qu’elle est devenue,consumée dans un amour inconditionnel et destructeur-ce qu’elle va vivre avec l’aviateur,elle eut aime que ce fut Scott-, donc au-delà du delà, c’est un destin sacrifie sur l’autel du machisme de cette époque, elle ne pouvait écrire sous son nom!_n gâchis flamboyant et des mots calcinés qui m’ont brûlés les doigts et dont certains résonnent toujours bien après le livre referme. Extrait : »Car le monde nous abîme maintenant:ils disent que Scott vieillit trop vite. Mais que croient-ils les imbéciles? Ses livres lui passent par le corps(…)Accessoirement ses livres sont passes par mon corps aussi. »

  7. Aurélie dit :

    Ce qui rend encore plus sublime et fascinante cette Zelda, c’est l’écriture de Gilles Leroy, qui ne ressemble encore à aucune autre. Un style qui va parfaitement à son héroine ! Il fallait bien ca. Des phrases plates auraient été inappropriées. Un style bouillonnant, comme le personnage, un exercice donc doublement réussi . Je dis chapeau !

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