J'ai aimé

Ce jour-là – Willy Ronis

 
Un très joli livre qui rend hommage au photographe mais surtout à l’homme qu’était Willy Ronis.
C’est Nanne qui m’avait conseillé ce livre, suite à mon billet sur l’expo-hommage  qui se tient actuellement à la monnaie de Paris (allez-y, c’est jusqu’au 22 août) et je la remercie, car j’ai passé un moment plein de nostalgie, plongée dans la mémoire de Ronnis, et quelle mémoire !
 Ce livre – édité chez folio en 2006 – réunit 50 photos de Ronis, des plus connues aux plus intimes, et pour chacune d’elle, il se remémore parfaitement les circonstances de la prise.

J’ai la mémoire de toutes mes photos, elles forment le tissu de ma vie et parfois, bien sûr, elles se font des signes par-delà les années. Elles se répondent, elles conversent, elles tissent des secrets. Je fais partie de ces photographes qui ont beaucoup travaillé sur le hasard, le nez en l’air. 

Un livre fort intéressant qui permet de comprendre le regard du photographe et son immense humanité. 
Difficile d’en dire plus, je laisse la parole au photographe.

Extrait

Le mineur silicosé, 1951

Ce jour-là, des amis m’avaient emmené voir, à l’occasion d’un reportage que je devais faire sur le pays minier, un homme qui était à la retraite et qui était silicosé. Il habitait Lens et n’en avait plus pour longtemps à vivre. C’est tout de même quelque chose qu’il faut montrer, m’avaient dit ces amis qui me pilotaient dans la région. Et ils m’ont conduit chez lui. L’homme était à sa fenêtre, au rez-de-chaussée. Il regardait dehors. Il ne mangeait quasiment plus. Il fumait. Il fumait beaucoup. Il fumait tout le temps. Il avait seulement quarante-sept ans. Il est mort quelques mois plus tard.
J’ai fait une autre photo de lui, à l’extérieur de sa maison, mais je l’ai retrouvée plus tard, utilisée dans une publication étrangère, sans mon accord, avec cette phrase qui devenait, du coup, un vrai commentaire?: L’évangélisation du monde ouvrier est-elle possible ? Je me suis retrouvé devant un problème que j’ai d’ailleurs rencontré très vite quand je me suis mis à faire du reportage. Je donnais mes photographies à mon agence et je n’avais plus vraiment de contrôle sur leur utilisation. Il est arrivé que le hasard m’ait mis en face d’une utilisation de mes photographies que je n’avais pas du tout prévue, et avec laquelle je n’étais pas forcément d’accord. Ce sont des problèmes très importants qui se posent alors. Au bout d’un moment, j’ai quitté l’agence, et pendant quinze ans j’ai travaillé en photographe indépendant absolu. Cette photo, par exemple, était destinée à un reportage sur le pays minier, mais pas pour servir une cause. Une photo n’est pas un parpaing avec lequel on peut construire n’importe quoi. Je me sens entièrement responsable de l’utilisation de mes images.
Un témoignage passionnant donc, vous l’aurez compris !
Télérama a publié 2 extraits du livre, partie 1, c’est là, et la partie 2, c’est ici.
Un article dans l’attrape livres et coté photographe, par Olivier Deck
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3 réflexions au sujet de « Ce jour-là – Willy Ronis »

  1. Je suis ravie de lire que ce petit roman sur les souvenirs photographiques de Willy Ronis t’aie plu … Je me suis promise de le lire dès que j’aurai un moment. Mais je veux le déguster, parce que je voue un véritable culte à la photographie de Willy Ronis … Sans doute cet été, au calme.

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