Littérature française

Einstein, le sexe et moi – Olivier Liron #68premieresfois

Nouvelle lecture pour les 68 premières fois

« Dès la naissance on ne le sait pas encore, mais il n’y a plus qu’à attendre la mort en essayant d’être tendre avec soi, le plus tendre possible, aimant avec les autres, le plus aimant possible, et révolté contre tout le reste. Il suffit de le comprendre pour que la vie devienne une fête. »

Texte pour le moins original dans lequel l’auteur autiste asperger raconte sa participation à questions pour un champion. Il y a gagné plusieurs finales et cela lui a permis de changer de vie. Le livre raconte en parallèle l’enregistrement de la finale du jeu télévisé et son histoire.

Pour une fois ce n’est pas un premier roman mais un 2eme, l’auteur s’étant déjà fait remarquer avec son précédent roman, Danses d’atomes d’or.

Ce que j’ai aimé de ce livre, c’est le ton, la liberté de langage, et aussi et surtout le témoignage sur la différence. L’auteur n’a pas les barrières classiques de la norme, il ose beaucoup. Il ose évoquer la sexualité et la violence sans tabou et c’est assez rare finalement. Il ose évoquer sa souffrance, les années de harcèlement et de violence qu’il a subi à cause de ses différences.

« Quand on ne peut pas parler, on construit des forteresses. Ma forteresse à moi est faite de solitude et de colère. Ma forteresse à moi est faite de poésie et de silence. Ma forteresse à moi est faite d’un long hurlement. Ma forteresse à moi est imprenable. Et j’en suis le prisonnier. »

Si j’ai été amusée au départ de suivre ses aventures télévisuelles, certaines parties m’ont semblé un peu longues car très (trop) détaillées et ont fini par me lasser. Par contre, tout ce que l’auteur nous dit de lui m’a passionnée. Il en ressort une personne incroyablement touchante et drôle. Une personne dont je ne peux que me sentir proche, de part son amour des mots, de la poésie et pour son combat contre la « norme ». Et puis un auteur qui aime autant Romain Gary ne pouvait que me plaire !

« Le plus drôle, ou le plus énervant, comme on veut, ce n’est pas tant la difficulté d’être différent, c’est l’absence de toute prise en compte de cette différence à l’école par les adultes. Toutes mes manifestations de rage à cet âge-là contre les professeurs et les adultes du collège, je sais avec le recul que c’étaient simplement des cris désespérés pour être reconnu tel que j’étais. C’est la même chose avec tous les élèves qui n’y arrivent pas, ils voudraient simplement qu’on les laisse s’épanouir et non qu’on les force à se ranger à la même norme idiote. »

« J’aurais voulu lui dire que je ne m’accordais pas le droit d’être moi-même, qu’on ne m’avait jamais accordé le droit d’être moi-même, et que j’avais l’impression d’être mon propre tyran en permanence, mon propre monstre. J’ai un monstre en moi. Et aussi que mon amour pour la poésie, c’était contre ça, contre le désespoir, contre la solitude et vers la joie (…) »

« Ce qui m’a sauvé, ce qui m’a toujours sauvé, ce qui m’a permis d’avancer, c’est l’écriture et la poésie. »

68 premières fois

68-2017

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