Littérature américaine

Freedom – Jonathan Franzen

Il y a eu la presse qui s’est emparée du phénomène (Franzen a fait la couverture du Time), il y a eu le succès outre atlantique, il y a eu ensuite les avis très tranchés de la majorité des lecteurs (plutôt négatifs), pour moi il y avait surtout eu Les corrections, un livre que j’avais dévoré en anglais, une lecture que j’avais pris comme une claque, qui marque et qu’on n’oublie pas.

J’ai donc tenté de lire ce livre sans a priori, mais ce fut difficile tant les avis hyper négatifs pleuvaient sur la toile et puis il y a eu les avis de Nina & de Constance.

J’ai lu ce livre en 2 temps, avec un début difficile et un blocage vers la page 200 (il m’en restait plus de 500) mais j’ai décidé de ne pas me laisser abattre et je lui ai fait son sort.

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas un roman facile ou « grand public », parce qu’il fait plus de 700 pages et qu’il dresse un portrait intime, social et politique d’une famille américaine sur plusieurs générations.

Dans ce roman dense, complexe et très bien construit, l’auteur dépeind sans concession le fiasco d’une famille et les contradictions de l’être humain.

Je comprends que ce roman ait rencontré un tel succès aux USA parce qu’ils ne doivent pas être si nombreux les auteurs reconnus qui osent décrire si précisément les « maladies » de leurs compatriotes.

Si j’ai eu du mal au démarrage c’est parce que j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages tous plus névrosés et pathétiques les uns que les autres, ils m’ont même énervée, et puis on se laisse embarquer à leurs côtés, on tente de comprendre leur failles sans les juger. J’ai tout particulièrement aimé suivre Walter, dont le nom m’a tout de suite fait penser au Walter de l’excellente série américaine Breaking bad dans laquelle un prof de sciences bien sous tout rapports et un peu psycho rigide « pète les plombs » et se retrouve embarqué dans une histoire de drogue qui va complètement le dépasser.

A leur côtés, j’ai eu le sentiment de faire un voyage dans le temps et dans l’espace, comme je l’avais fait aux côtés des héros de Jonathan Coe et Bienvenue eu club et Le Cercle fermé dans l’Angleterre contemporaine. Même si l’humour de Coe est bien différent, Franzen est terriblement ironique face à ses personnages et sait en quelques mots les ridiculiser.

Mais, car oui il y un mais, je n’ai pas été complètement emballée par ce livre, peut-être parce que je l’ai pas lu en anglais et surement aussi parce que je l’ai trouvé moins fort que Les corrections. J’ai eu le sentiment que Franzen utilisait les mêmes thèmes et ficelles. Et puis il y a des passages qui m’ont ennuyée, beaucoup.

C’est au final un livre qu’il n’est pas facile à conseiller car il peut rebuter et parce qu’il est complexe.

 Je remercie Price Minister & les matchs de la rentrée littéraire pour l’envoi de ce livre.

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13 réflexions au sujet de « Freedom – Jonathan Franzen »

  1. C’est le personnage de Walter qui m’a également plu, dans ce livre. Comme je ne connais que de nom la série Breaking Bad, ce n’est pas pour les mêmes raisons que toi mais parce-que l’histoire me rappelait Le parfum d’Adam, de JC Ruffin. Je l’ai pris en anglais à la bibliothèque parce que je trouvais certains passages assez passables et je trouve que la traduction ne rend pas hommage à la version originale écrite par Franzen. Dommage…

  2. Aie, on dirait que ma premiere idee de le lire en anglais etait meilleure… Mais comme PriceMinister me l`offrait, je n`ai pas refuse et je l`ai donc recu en francais. Je ne sais quand je le lirai, mais j`essaierai d`avoir un peu de temps devant moi! Merci pour ton avis en tout cas Delphine, et bon week-end a toi!

  3. Je viens de me lancer dans cette lecture… Pas évident, effectivement mais j’accroche, j’aime les « histoires » de famille. Et j’ai vu Jonathan Franzen au Grand Journal, et le bonhomme m’a plu.
    Bon week end !

  4. Non, effectivement ce n’est pas un livre facile. Loin d’avoir été rebutée par l’histoire, c’est plutôt le style plat qui m’a gênée .. Ces longs dialogues creux, à l’image de ce que l’auteur a voulu montrer dans cette oeuvre.
    Je mettrai longtemps avant de le relire.

  5. Je suis séduite par l’idée de ce livre : « il dresse un portrait intime, social et politique d’une famille américaine sur plusieurs générations[…]sans concession le fiasco d’une famille et les contradictions de l’être humain. » Je pense que je le lirais…en français parce que 700 pages en anglais, çà doit pas être hyper hyper facile…

  6. Contente de voir que tu y as trouvé un intérêt, au moins un ! En ce qui me concerne, cette construction trop dialoguée m’a énervée ! Non pas la difficulté, je n’en ai vu aucune, mais plutôt mon oeil d’européenne un peu lassé de ces « ressassages » sur les problèmes d’une Amérique qui va mal, la dénonciation des jolies façades derrière lesquels se cachent les névroses de la misère morale, bref je n’y ai pas trouvé (sur 400 pages hein) une réflexion originale ni même enthousiasmante sur le sujet ! Et je persiste à dire qu’il aurait pu faire plus court, il y aurait gagné en profondeur… Certaines platitudes gâchent ce qui par ailleurs aurait mérité d’être développé ! Mais bon, c’est bien que tout le monde n’ait pas le même avis !

    1. Les aspects sociopolitico m’ont clairement moins intéressés (et je dois avouer que j’en ai lu certains en diagonale). Je trouve que la difficulté vient du fait que Franzen décrit des personnes un peu dégoûtants et repoussants, pas de l’écriture qui j’en suis sûre perd beaucoup avec la traduction malheureusement. Je trouve qu’il sait bien décrire la complexité des rapports humains de façon très réaliste. Mais encore une fois, par rapport aux corrections, il n’y a pas grand chose en plus, et c’est dommage. Si je dois en conseiller un de lui, c’est bien celui-là !

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