Littérature française

La vérité sur l’Affaire Harry Quebert – Joël Dicker

Bon je dois dire que je l’ai commencé parce qu’on m’avait dit il y a encore quelques jours que c’était un vrai « page turner » et que j’avais bien envie de ce type de lecture. J’avais aussi lu pas mal d’avis assez négatifs qui venaient remettre en cause la légitimité du prix goncourt des lycéens et celui de l’académie française. Bref, je le commençais sans véritable attente mais avec pas mal d’a priori quand même.

Ce que j’en retiens, l’histoire est bien ficelée soit (et encore j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup  -trop- de rebondissements qui ont fini par me lasser alors que le suspense a assez bien fonctionné par moment), mais le style est d’une platitude… On dirait qu’on est en train de regarder une série policière américaine (parfois j’avais même l’impression de lire un livre mal traduit). Clichés sur clichés, très manichéen, tout est très lourd.

On m’avait aussi vendu le fait que ce livre allait au delà du polar et était une réflexion sur la création littéraire  et là, vraiment je suis en désaccord avec ce discours. Ce livre parle de la création de best-sellers qui plus est à l’américaine (sans rien nous apprendre de bien neuf sur le sujet, beaucoup de lieux communs) et non pas de création littéraire. C’est peut-être écrit pour dénoncer cela mais j’ai trouvé que ça servait juste de prétexte.

Pour moi, c’est donc un polar, peut-être un bon polar je ne connais pas assez le genre pour en juger, mais juste un polar, à l’américaine qui plus est.

Je n’ai jamais été convaincue parce qu’on parle ici de grands auteurs (le fameux Harry Quebert et son chef d’oeuvre) mais que tous les extraits de ce fameux chef d’oeuvre sont d’une platitude sans nom. Et puis le héros, soit disant écrivain lui aussi, fait penser à tout sauf à un écrivain à part qu’il vient de New York, qu’il est juif…Bref des clichés encore. Les dialogues avec sa mère sont d’ailleurs d’un ennui…

lusurmonkobo2

Beaucoup de répétitions et de moments trop bavards, j’ai fini par lire ce livre en diagonale et je crois bien que si je ne l’avais pas lu en numérique mais en version papier, j’aurais filé plus vite à la fin pour connaitre le dénouement.

Le livre se termine par « un bon livre, Marcus, est un livre que l’on regrette d’avoir terminé« , moi je suis juste soulagée d’avoir terminé ce livre. J’aurais par moment pu aller jusqu’à dire que c’était une lecture efficace mais l’ennui a fini par l’emporter, donc non ce n’était certainement pas un bon livre pour moi.

Vous l’aurez compris, je suis presque en colère quand je vois que c’est le genre de livre qui plait aujourd’hui, parce que je l’ai trouvé trop « facile » et que j’en ai marre qu’on ait besoin de situer un livre dans un contexte américain pour que ça plaise. Enfin plus que la colère, ça me rend triste, triste de voir que c’est ce genre de livres plutôt qu’un autre qui va être mis en lumière et rafler tous les honneurs.

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est une belle imposture mais presque. Bref, passons vite vite à autre chose !

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28 réflexions au sujet de « La vérité sur l’Affaire Harry Quebert – Joël Dicker »

  1. Je l’ai dans ma bibliothèque, j’ai écouté Joel DICKER présenter son livre au SDL, c’est son 6ème roman… il n’avait rencontré aucun succès avant..
    Je vais essayer de lire prochainement histoire de me faire (enfin) un avis.

  2. Ah, quel soulagement de lire ton avis ! Je commençais à me demander si j’étais une affreuse snob de ne pas avoir aimé ce livre. Comme toi j’ai trouvé le style d’une grande pauvreté, plein de clichés et une histoire d’amour censée confiner à la tragédie qui est juste ridicule. J’ai eu l’impression de lire un Harlan Coben (mauvais cru) mal traduit…

    1. Je n’ai pas évoqué l’histoire d’amour mais il est clair qu’elle ne m’a pas convaincue une seule seconde.. (quelle lourdeur). Nous devons être deux snobs alors :)

  3. Je ne l’ai pas encore lu, donc … mais ce que tu me dis me fait très très peur. Quant au côté « facile » j’ai bien peur (aussi) que ce soit la tendance à présent, surtout ne pas « prendre la tête des lecteurs », faire des références culturelles connues de tous, etc. et blablabla sur la lecture est un divertissement, discours qui commence à me souler !
    Et si finalement son roman n’était qu’une mise en abyme (malgré lui) du contenu ;) !

    1. C’est tout le cynisme du truc, l’auteur semble dénoncer un système dans lequel il est au final tombé.. Franchement, pour moi cette lecture (plus de 500 pages quand même) était du temps perdu.

  4. Oh que j’aime lire ton énervement et ton honnêteté, d’autant qu’ils sont parfaitement expliqués et que je suis d’accord sur ce que tu écris à la fin.

  5. Non je ne suis pas snob mais je n’ai pas aimé ce livre non plus. Et dire qu’il a reçu des prix…
    Dialogues niais, clichés en veux tu en voilà, discours sur l’amour ou la littérature dignes d’un enfant de 10 ans…
    Que ça fait du bien d’enfin lire des billets comme le tien !

    1. J’avais lu ton avis qui m’avait fait voir ce livre différemment de tout ce qu’on pouvait en dire alors et je rejoins donc ton avis !

  6. Je n’étais pas vraiment tentée par ce pavé, mais ton billet finit de m’en détourner : tous les défauts que tu relèves sont de ceux qui gâchent profondément une lecture.

  7. Oups… Moi qui suis si pressée de le lire, me voilà un peu perdue. Je l’ai espéré sous le sapin de Noël et l’ai reçu avec joie, j’espère donc l’aimer plus que toi. Croisons les doigts ! :-)

  8. C’est vrai que les avis sont mitigés sur la blogo, alors que les prix littéraires et les chiffres de vente montrent plutôt le contraire. Mais ce qui est bien, c’est que les gens lisent encore des pavés ;)

  9. Je ressentais un désarroi similaire au tien autrefois lorsque je considérais à quel point les livres mis en vedette aujourd’hui étaient d’une platitude sans nom. Et puis je me suis amusée à lire des best sellers du XIXeme (comme les navets de Jules Sandeau): même combat.

  10. J’ai beaucoup aimé ce livre que j’ai dévoré.
    Après ses prix sont sans doute critiquable.
    Le goncourt des lycées, à la rigueur… Mais le prix de l’académie française.
    Je sais que pour le moment, sa lecture est appréciée, ici à Delhi parmi la communauté expat :)

    1. Je peux qu’on comprendre qu’on apprécie cette lecture (même si moi je m’y suis un peu ennuyée, mais je ne suis pas très polar) mais ces prix, vraiment, non je ne comprends pas..

  11. J’ai bien aimé lire ce livre pendant mes vacances, j’ai pu oublier d’autres réalitès, mais vous avez tout à fait raison et en lisant votre billet, je comprends mieux ce que j’avais ressenti à sa lecture. Merci. Xavier

  12. Je comprends le prix Goncourt des lycéens….je pense que les adolescents ont dû adoré ce roman et se laisser porter. Le prix de l’académie française, par contre n’a pas lieu d’être.
    Sans aller aussi loin que toi, je me retrouve dans ce que tu dis. J’ai apprécié ma lecture, c’est un bon polar, je trouver, mais cela s’arrête là.

    Et je suis tellement d’accord avec toi à propos de l’histoire d’amour, les passages du roman d’Harry et les dialogues entre Marcus et sa mère!

    1. En même temps, ça m’étonne que les lycéens aient aimé cette histoire assez loin d’eux au final, mais bon…
      C’est clair, certains dialogues sont d’une niaiserie :)

  13. Bien d’accord pour les dialogues entre Marcus et sa mère, j’avais envie de me pendre …

    Mais vraiment j’ai dû me faire influencer par les lecteurs d’aujourd’hui car pour moi ça a coulé tout seul….
    Il n’est pas question d’être snob ou quoi que ce soit parce qu’on a pas aimé un bouquin qui a été célébré. Je regrette juste que certains aient tendance à prendre ce parti dès qu’un livre est connu.

    Bref je ne le défendrai pas, tu verras mon billet, je l’ai davantage nuancé que ce j’ai pu vous en dire dimanche dernier. Mais je ne démordrai pas d’une chose : même si dans le détail j’y trouve à redire, j’ai globalement passé un bon moment.

    1. Et c’est bien que tu aies passé un bon moment ! Moi je crois que c’est ça qui m’a le plus déçue, ça commençait pas si mal, j’étais pas mal accrochée mais le style et puis finalement les rebondissements ont fini par user mon intérêt et me lasser (voire m’énerver)… et au final, j’ai subi la fin. Sinon, je crois que j’aurais pu m’en souvenir comme d’une lecture pas désagréable.

  14. Je dois avoir lu six ou sept critiques de ce livre, et la tienne ressemble beaucoup à celles que j’ai lu, de trop nombreux rebondissements, le style très plat de l’auteur, un autre billet critiquait même l’auteur sur sa grammaire, son français. Bref, cela ne me donne pas du tout envie de le lire. Par contre, tu expliques toute seule pourquoi il a plu autant aux adolescents (et ainsi remporter un prix) : il ressemble à une série américaine ! Et que font les ados d’aujourd’hui, sinon regarder des séries ? L’intrigue doit donc leur rappeler ce qu’ils voient à la télé, surtout s’il y a beaucoup de clichés.

    500 pages, c’est long en plus , tu as eu du courage ! Une amie voulait me le prêter, donc pas besoin de dépenser de l’argent, mais bon je n’ai toujours pas envie de le lire. Pour info, je suis une grande consommatrice de polars, et rien ne m’énerve autant que ces auteurs qui s’essaient à ce genre car c’est vendeur ou à la mode.

    1. Effectivement le coup de la série américaine, ça doit être ça, ils sont en « terrain connu », rien de surprenant ou dérangeant ! Mais effectivement c’est 500 pages et moi j’ai trouvé ça très long….

  15. J’ai moi aussi détesté ce livre. Mais je me permets de te contredire sur la question du polar. Ce n’est pas un bon polar, encore moins un polar à l’américaine. C’est bien « à l’américaine », mais plus dans le style « Dynastie ». Sur le simple aspect « thriller », c’est très mal foutu (déjà que je ne suis pas fan du genre en littérature) : les rebondissements sont prévisibles et au final, on se moque éperdument de ce qui a pu se passer. Cela dit, dans un vrai bon polar à l’américaine, l’intrigue n’est pas l’essentiel… Ca c’est bon pour les inepties de type « Millenium » et « Da Vinci Code ». Trois livres, trois « torche-culs » (comme disait Léon Bloy) de nationalités différentes mais qui semblent attirer le même type de lecteurs.
    Bref. Peu importe.
    Je voulais surtout te conseiller de zyeuter les livres de James Crumley et d’Edward Bunker, éventuellement aussi « Sur un air de Navaja » de Chandler. De vrais polars à l’américaine, pas des romans de gare, avec de vrais personnages dedans.

    1. C’est vrai qu’au final, on se moque totalement du dénouement… Merci pour les conseils, je connais Crumley et Chandler mais pas Bunker.

  16. Delphine, j’avais envie d’un roman facile, de se laisser emporter par l’enchaînement des rebondissements. Un de ces romans qu’on peut lire en faisant autre chose. Ah, la couverture d’Hopper a fini par me convaincre. Bref, oui, je l’ai vite lu, oui, je vais vite l’oublier… Trop de facilités d’écriture, trop de lieux communs, trop de poncifs…

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