Littérature française

L’automne à Pékin – Boris Vian – 1947

Plongée dans lunivers absurde de Boris Vian.
Après L’herbe rouge et J’irai cracher sur vos tombes lus récemment, voici un livre drôle et amer.
Et qui fait fonctionner les neurones.

L’auteur

On ne présente plus Boris Vian, mais il me semble intéressant de rappeler qu’il est mort à 39 ans (en 1959) après avoir écrit 11 romans, 4 recueils de poèmes et d’autre œuvres (théâtre, chansons, etc) sous de nombreux pseudos (27 différents), le plus connu étant Vernon Sullivan.
L’automne à Pékin a été écrit en 1946, la même année que L’écume des jours et J’irai cracher sur vos tombes. Publié en 1947, il n’a pas rencontré le succès à l’époque.

Ce que ce livre raconte

Difficile d’en résumer l’intrigue tant tout relève de l’absurde.
Ce livre ne se passe pas en automne ni à Pékin, il se passe en Exopotamie, dans un désert imaginaire.
On y suit les tribulations de personnages venus construire une voie ferrée et une gare au milieu du désert. Des personnages tels qu’Amadis Dudu, l’abbé Petitpierre, Anne et Angel (2  hommes, des ingénieurs) amoureux de la même femme Rochelle, l’archéologue Athanagore, etc.

Ce que j’en ai pensé

J’ai beaucoup aimé l’humour et les jeux de mots. J’ai aimé la liberté que l’auteur a pris avec la langue, il invente des mots (ex, pinpinaquangouse). L’auteur utilise parfois les mots pour leur sens propre et non figuré (cf extraits ci-dessous).
En ressort, des passages très drôles et très poétiques aussi.
J’ai par contre été un peu perdue par cette frénésie de jeux de mots, qui parfois dessert l’histoire à mon sens, en même temps l’histoire est tellement loufoque… D’ailleurs beaucoup d’interprétations différentes ont été données à ce livre, et c’était ce que cherchait l’auteur.
J’ai trouvé qu’il y avait aussi beaucoup d’amertume sur l’amour, et que les femmes avaient vraiment le mauvais rôle dans ce livre.
En résumé, un bon livre de Vian, mais pas celui avec lequel découvrir cet auteur car il pourrait rebuter plus d’un lecteur.

Extraits

Difficile de choisir des extraits, tant tout le texte est truffé de tournures, jeux de mots. Voici quelques exemples où l’auteur utilise certains mots pour leurs sens propres alors qu’ils sont utilisés pour leur sens figuré dans le langage commun.

– J’ai été touché par la grâce, dit Claude.
Il se passa la main sur l’occiput.
– Tâtez, ajouta-t-il.
L’abbé tâta.
– Fichtre… dit-il, elle n’y pas été de main morte…

– Je vous donnerais vingt-huit ans, dit Athanagore
– Je vous remercie, dit Amadis. Je ne saurais qu’en faire. vous trouverez sûrement quelqu’un à qui ça fera plaisir.

– Venez m’aider, dit-il.
– Je ne peux pas, professeur, répondit Amadis. L’archéologue m’a planté là, et je ne peux plus me déplanter.

………………………
– Athanagore déboucha la bouteille et remplit les verres. L’abbé se leva et en prit un. Il regarda, sentit et avala.

– Hum, dit-il.
Il tendit à nouveau son verre.
– Comment le trouvez-vous ? demanda Athanagore en le remplissant.

L’abbé but le second verre et réfléchit.
– Ignoble, déclara-t-il. Il sent le pétrole.
– Alors, c’est que je me suis trompé de bouteille, dit l’archéologue. Les deux étant pareilles.
– Ne vous excusez pas, dit l’abbé, c’est tout de même supportable.
– C’est du bon pétrole, assura l’archéologue.
– Vous permettez que j’aille dégueuler dehors ? dit Petitjean
– Je vous en prie… Je vais chercher l’autre bouteille.
– Dépêchez-vous, dit l’abbé. Ce qui est horrible, c’est qu’il va me repasser dans la bouche. Tant pis, je fermerai les yeux.

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Une réflexion au sujet de « L’automne à Pékin – Boris Vian – 1947 »

  1. Un auteur que j’adore ! Ado, j’étais fascinée par lui ! Et puis j’aimais bien son parti pris du titre qui n’a rien à voir avec le contenu du bouquin, et puis son écriture, même en prose il est poétique…

  2. Un auteur que je n’ai pas encore découvert. J’ai peur de ne pas accrocher à ses fameux jeux de mots et situations absurdes. Je pense quand même franchir le pas bientôt mais je note qu’il faut éviter ce livre pour commencer. Je crois avoir L’écume des jours dans ma PAL. Un bon début selon toi?

  3. @ Zarline : je crois que l’Ecume des jours est un bon moyen de découvrir Vian. C’est en tout cas, son oeuvre la plus connue et lue à ce jour.

    @ Océane : j’ai beaucoup aimé me replonger dans l’écriture si particulière de cet auteur

  4. C’est du 100% Vian, quoi, à lire les passages. J’aime bien, mais à petites doses, en fait j’ignore toujours où il veut en venir, bah, pourquoi s’en faire et vouloir le savoir à tout prix? Mais l’écriture est remarquable.

  5. J’hésite encore à me replonger dans du Vian… J’avais détesté la première fois. Donc peut être pas celui-ci, vu que tu dis : « mais pas celui avec lequel découvrir cet auteur car il pourrait rebuter plus d’un lecteur ».
    Est-ce que je rate vraiment quelque chose en laissant de côté Boris Vian? Je n’en suis pas si sûre…

  6. @ Keisha : oui juste se laisser porter par ses mots. Je suis fascinée par la liberté qu’il prend avec la langue.

    @ Anouchka: Lequel avais-tu détesté ? Si c’est J’irais cracher sur vos tombes, je peux comprendre. Ce n’est pas le Vian que j’aime, celui que j’aime est celui qui a écrit L’écume des jours, L’arrache coeur ou encore celui ci.

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