Club de lecture·Littérature française

Le boulevard périphérique – Henry Bauchau

Lili dit qu’il faut être apaisé pour lire ce livre, pourtant, je l’ai lu au cœur de la tempête, alors que la lecture m’avait quittée et que le deuil était là. C’est le livre qui a su me réconcilier avec l’acte de lire. Parce que les mots de Bauchau ont su m’emmener par leur force. Et parce que l’histoire contée ici est celle de l’auteur, même si pendant toute ma lecture, un doute m’assaillait, je savais au fond qu’un tel livre ne pouvait qu’être autobiographique.

C’est clair que ce n’est pas un livre « facile », mais c’est un livre qui marque, par sa puissance. C’est un livre qui force le respect, qui impressionne. J’avais besoin de ça. Je n’ai pas su en parler lors de ma lecture et cela m’est encore difficile aujourd’hui. Pourtant c’est le livre que j’ai choisi de sélectionner pour le prix des lectrices. Tout en ayant conscience que ce n’était pas un livre léger que je proposais là et qu’il pouvait ne pas « plaire ». Mais c’est le livre qui m’a fait découvrir un très grand homme et auteur, disparu tout récemment à l’aube de ses 100 ans (septembre 2012).

Henry Bauchau a commencé à écrire des romans tard dans sa vie. Avant il a écrit beaucoup de poésie, des essais, il s’est aussi consacré à une psychanalyse avant d’exercer lui-même. Pour tout cela c’est un auteur qui me faisait peur. J’avais peur de ses mots, il a notamment beaucoup écrit sur la mythologie (sur Œdipe, Antigone). Pourtant j’ai su dès que j’ai ouvert ce livre que j’avais devant moi un beau moment de lecture à venir. C’est un livre que je n’ai pas lâché, que j’ai lu avec frénésie.

Oui l’histoire est dramatique, une femme, la belle fille de l’auteur est en train de mourir d’un cancer et l’auteur l’accompagne, en empruntant tous les jours le boulevard périphérique pour se rendre à son chevet. En parallèle, l’auteur se souvient d’une rencontre marquante dans sa vie, Stéphane rencontré pendant la seconde guerre mondiale, qui va s’engager dans la résistance et mourir, tué par un nazi.

Il y a des moments difficiles dans ce livre, comme dans la vie, mais il y a aussi de l’espoir.

Henry Bauchau sait mettre des mots sur la souffrance, la mort. Par ses mots, il m’a donné de la force, du courage et de l’espoir.

Un auteur  singulier. Une œuvre à découvrir. (J’ai depuis lu Temps du rêve et Déluge).

Ma sélection pour Le prix des lectrices

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15 réflexions au sujet de « Le boulevard périphérique – Henry Bauchau »

  1. C’est impressionnant comme un auteur peut, à un moment donné de la vie, avoir une telle force sur son lecteur/trice. Comme si il savait les choses, les vivait aussi. je suis heureuse que ce roman ait croisé ta route à un moment où tu en avais besoin.

  2. Je souffre depuis quelques mois d’un manque d’envie de lire. J’ouvre des romans et je les referme 20, 30 ou 50 pages plus tard. aucun de correspond à mon envie du moment, sur laquelle je ne saurai pas mettre de mots. Là, tu me donnes envie. Cette envie de retrouver la force vivante qu’un livre peut donner. Merci!

    1. J’espère qu’il ne te bousculera pas trop non plus. c’est clair que mon livre proposé est bien lourd, mais ça correspond aussi à ce que je vis.

  3. Je n’avais jamais entendu parler de ce livre et à vrai dire le sujet ne m’attire pas pour l’instant, mais je le note dans un coin de ma tête… Merci pour ce joli billet Delphine et je suis ravie de voir que tu as retrouvé le goût de la lecture!

  4. Ton billet remue! Et met plus à ma portée ce livre qui je l’avoue m’impressionnait…
    Mais j’attendrai quand même un peu d’avoir l’esprit dans de meilleures dispositions pour m’y mettre.

  5. Voilà je l’ai lu et oui j’ai aimé malgré tout ce qu’il véhicule de tension, d’angoisse, malgré tout ce à quoi il nous renvoie mais aussi grâce à tout cela ! Merci de me l’avoir fait lire !

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