Expos·Littérature française·Mes indispensables

Le mythe Vian s’expose à la BnF

L’exposition que se tient actuellement à la BnF permet de voir à quel point cet artiste a su toucher à tout avec un talent immense.

Il se savait condamné, il vivait à 100 à l’heure, créant sans cesse : romans, poésie, chanson, musique. Il aurait pu être reconnu en tant que trompetiste mais il a dû arrêter à cause de son coeur malade. Et il a fini par mourir à 39 ans à la première de l’adaptation cinématographique de J’irais cracher sur vos tombes d’une crise cardiaque, conférant à l’homme son statut de mythe.

Il a ensuite été découvert enfin et n’a peu de cesse d’être adapté, chanté, lu, ect….car de son vivant il n’a eu de cesse de courir après les projets et l’argent.

S’il y a un véritable effort de fait sur la scénographie, notamment avec un travail sur les couleurs et l’organisation des espaces (des fleurs de nénuphars pour chaque époque), on ne sent pas vraiment la « folie et la poésie vianesque » dans cet ensemble.

« Fuir, c’est bon pour les robinets. »

Malgré ce sentiment un peu en demi teinte, l’exposition est très riche : beaucoup de manuscrits, des photos, des éditions originales, ses tableaux. Elle vaut donc largement le détour car elle permet de réaliser l’ampleur du talent de ce génie.

J’ai notamment découvert son travail de traducteur  (il a notamment traduit Le grand sommeil de Chandler), j’ai eu aussi un plaisir énorme à écouter ses chansons chantées par tant d’artistes différents (il a écrit en tout 460 chansons). J’ai aussi ri à relire ses aventures au collège de ‘pataphysique. J’ai découvert que Jacques Prévert était le voisin de Boris Vian et j’ai pu lire des passages savoureux du Traité de civisme.

Et puis, quel bonheur de voir le manuscrit de L’écume des jours, écrit quasiment d’une traite avec très peu de ratures sur un document de l’afnor où Boris Vian travaillait.

C’est ainsi, l’émotion est bien là quand on voit l’œuvre et le processus de création littéraire se révéler ainsi. On n’aura plus jamais le même rapport aux auteurs d’aujourd’hui qui écrivent sur leur ordinateurs.

Ce que j’ai ressenti en sortant de l’expo, c’est l’envie irrépressible de retrouver les mots de Vian, son humour ravageur, son invention des mots & son univers si particulier.

Allez lire le billet de Mademoiselle petit bois, qui parle de l’expo et de Post Scriptum. Allez aussi lire cet entretien avec sa première femme, très émouvant.

Je vous invite donc à aller vous mêler à l’œuvre de Boris Vian, c’est jusqu’au 15 janvier 2012.

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Autour de l’exposition

Hommage musical à Boris Vian
Soirée spectacle avec Claude Abadie et son tentette, Magali Noël, Carmen Maria Vega…
Mardi 8 novembre 2011
de 18h30 à 20h00, Grand auditorium

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8 réflexions au sujet de « Le mythe Vian s’expose à la BnF »

  1. Il était un « touche-à-tout » de talent, un artiste complet au sens noble du terme et je ne sais pas s’il y en a encore des comme lui aujourd’hui ! En attendant, ils ont bien dû rigoler avec Prévert ! Beau billet qui donne envie de relire ses bouquins (au moins un !) :)

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