Documentaires et essais·voyage

L’écriture de l’ailleurs – Albéric d’Hardivilliers

Sous titre, Petits propos sur la littérature nomade.

Je continue mon exploration de la collection Petit philosophie du voyage chez Transboréal, pour mon plus grand bonheur. Souvenez- vous, j’ai déjà lu La magie des grimoires, L’appel de la routeLa soif d’images.

Celui-ci associe voyage et écriture, comment tomber mieux ?

L’auteur, Albéric d’Hardivilliers, est graphiste mais surtout écrivain-voyageur. Il a co-fondé en 2010 le magazine de voyage A/R dont il est le directeur artistique. Un magazine dont il faudra vraiment que je vous reparle tant je l’aime ! Voir le site de l’auteur

Dans ce petite texte de 90 pages (tous les textes de cette collection font à peu près le même nombres de pages), il nous parle donc comme son nom l’indique d’écriture et de voyage.

Le voyage comme matériau littéraire ou au coeur de l’écriture  ?

L’auteur, lui même grand voyageur, nous raconte comment les voyages l’inspirent dans son écriture, mais il nous parle aussi des textes lus en voyage et qui l’ont fortement imprégné (comme par exemple Coeur des ténèbres de Joseph Conrad). Il évoque également le processus d’écriture pendant le voyage.

Un joli moment passé en compagnie des mots de l’auteur, j’aime tout particulièrement les parallèles que dresse l’auteur entre la littérature et le voyage, comme errance et prise de risque.  Je vais enchaîner avec Le temps du voyage, petite causerie sur la nonchalance et les vertus de l’étape, dans la même collection.

Les mots de l’auteur

L’écriture est très proche de ces moments d’attente suspendus où, dans le silence, les différents éclats du voyage viennent comme des morceaux de limaille se regrouper autour d’un noyau aimanté, compact et fixe.

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On pourrait ne voir dans le voyage qu’un matériau littéraire qui fournit personnages, décors et histoires, mais ce serait mésestimer en lui la portée symbolique, mythique, voire mystique. C’est qu’il y a un mythe de la route comme il y a eu un mythe du château, du donjon, du royaume ; elle est le lieu même de l’apprentissage, le chemin – étroit – qui conduit à la révélation, à la vérité (…). Il y a dans tout voyageur un prince en demande de princesse, un frère à la recherche de la Rose de Thuringe, un chevalier en quête du Graal d’ailleurs disposé à prendre toutes les formes que lui fournira l’imagination.

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La littérature et le voyage peuvent facilement dérouter, mais c’est un risque qu’il faut accepter de prendre dès le départ ou disons plutôt qu’un départ sans ce risque menace serait comme vidé de sa substance et de ses posibilités de renouvellement.

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Il faut s’étonner toujours de l’endroit où l’on se trouvera le lendemain, du livre qu’on lira, de celui qu’il reste à écrire, avancer dans cette errance littéraire avec confiance, disponible comme les surréalistes lors de leurs promenades parisiennes aux surprises qui se cachent sans doute derrière chaque tournant, chaque carrefour.

 

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2 réflexions au sujet de « L’écriture de l’ailleurs – Albéric d’Hardivilliers »

  1. Cela semble si « naturel » que voyage et littérature soient complémentaires ! Même s’il y a plus de « voyageurs immobiles » que de vrais « routards »… je le note… ;)

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