Lecture numérique, qu’est-ce qui a changé ?

Moi d’abord, il y a encore peu, j’avais un avis tranché, plutôt opposé à ces nouvelles pratiques. Pour moi, lire c’était sur un livre papier et puis c’est tout.

Et puis, j’ai lu de plus en plus sur mon écran, pas des romans, mais des essais, des articles, des dossiers, des PDF et quelques livres aussi. Et j’avais cet a priori, je pensais que lire sur une liseuse revenait à peu près au même, pour les yeux.

Et puis j’ai senti le vent tourner, j’ai vu que ces pratiques se développaient et je me suis dit qu’il fallait que je m’y intéresse parce que, si on s’intéresse un minimum à la lecture et à son avenir (et quand on est bibliothécaire, c’est évident), on se doit de comprendre ces nouveaux enjeux. Refuser tout de bloc cette évolution, c’est passer à côté de ses potentialités. J’ai donc décidé de tester une liseuse, j’ai ensuite investi dans un kobo.

Et aujourd’hui, je vois que ce mouvement a pris une sacrée ampleur, parce qu’il s’est vendu 30 000 kobo depuis son lancement fin 2011, parce que je vois de plus en plus de personnes avec des liseuses ou tablettes lisant dans les transports en commun, parce que surtout, je lis de plus en plus de blogs littéraires ou enfin les liseuses sont apparues.

Et ça, ça change tout.

Car la blogosphère littéraire a très souvent eu ce discours assez mainstream anti lecture numérique, parce que « ça fait mal aux yeux », et parce que « mais que vont devenir les livres (et les libraires) ? » et que « quand on aime lire, on aime les livres papier et puis c’est tout ». Autant de commentaires que j’ai pu lire souvent.

Ainsi aujourd’hui, je lis de plus en plus de blogs littéraire qui parlent de liseuse (voir les articles de Suzanne, Hélène, Soukee entre autre*), notre club de lecteurs numériques fait de plus en plus d’émules (des gens de tous les âges, de tout horizon). Et autant j’ai l’impression que le monde de l’édition numérique reste encore un « petit monde », autant j’ai l’impression que les pratiques, elles, s’ouvrent enfin !

Et je trouve ça fou car ça a un pris un temps fou. En effet, j’ai parcouru un libre publié en 2004 (8 ans !) publié par l’ensssib, La lecture numérique : réalités, enjeux et perspectives, coordonné par Claire Bélisle. Ce livre dresse un historique (la préhistoire) des développements technologiques et évoque les premiers modèles dinosauresques de readers. Il tente aussi de définir l’impact de la lecture numérique, plus particulièrement pour les bibliothèques.

 La suite ? Il y a aura pleins de suites… A inventer, à tester.

Pour mon utilisation personnelle, je manque encore de recul pour savoir ce que ça va changer (pour le moment je continue d’acheter des romans papier car ceux-ci n’existent pas en numérique, mais si je devais choisir je n’achèterai plus que des beaux livres, albums, ou BD en papier). Pour la société, j’ai hâte que des études sortent sur ces nouvelles pratiques, pour voir, si elles ont un quelconque impact sur la lecture des plus jeunes par exemple.

* Je note en même temps que ces 3 personnes sont bibliothécaires ou documentalistes… Cet article fait aussi suite au billet de Carole, du club des lecteurs numériques et blogueuse littéraire avant tout.

 

 

7 thoughts on “Lecture numérique, qu’est-ce qui a changé ?

  1. Pingback: Du papier au numérique | Les voyages immobiles de Madame Charlotte

  2. Je me dis toujours qu’il faudrait que je m’y intéresse… mais j’ai déjà tellement de livre papier qui attendent mon attention. J’avoue que le coût du matériel, le problème des formats et surtout le prix du livre numérique (avec les droits d’auteur si maigre) ne me motivent pas.

    Comme je n’ai personne autour de moi qui utilise une liseuse, je reste sceptique. Et puis, les données numériques restent toujours si facile à perdre et à effacer. Une onde electro-magnétique et hop, reset.

    Le toucher et l’odorat sont les sens de la mémoire, ceux qui nous rattache à la terre, au concret. Je peux paraitre réactionnaire, à l’heure du numérique. Pourtant, il y a dans la virtualité quelque chose de stérile, de lointain.

    Je finirai probablement par m’offrir une liseuse d’autant que le confort de lecture est au rendez-vous, à la différence d’un écran d’ordi. Mais je sais aussi qu’elle ne remplaceras pas les bouquins de papier.

  3. Bonjour!

    A l’origine, j’avais exactement la même idée de départ… Un livre, c’est format papier ou rien du tout.
    Sauf qu’entre temps, j’ai trouvé des pdf sur le net, que je ne trouvais pas en format papier. Entre temps, j’ai repris mes études, et j’ai entamé mes premières années en lettres modernes.
    Du coup, un jour, en discutant avec une amie à la fac, elle me signale qu’on trouve pas mal de classiques gratuits sur amazon. Je vais donc voir, je trouve une quantité de références assez intéressante, avec une application pour lire sur le pc. Bien sûr, je n’en lis pas un seul, vu que c’est sur le pc.
    Arrive Noël, je regarde les livres à lire pour la rentrée, je me souviens des livres téléchargés. Après calcul rapide, j’ai 22 livres à lire pour le semestre, et une dizaine sont disponibles sans le moindre frais.

    Résultat, j’ai acheté une liseuse, j’ai téléchargé une quantité effroyable de livres numériques, et j’en suis bien contente. Ma liseuse aura coûté une centaine d’euros, mais en lettres, c’est très vite amorti.
    Le plus gros point négatif, c’est que les formats lus ne sont pas forcément les mêmes selon la marque, du coup il vaut mieux faire attention à l’achat, en regardant bien selon l’endroit où l’on pense télécharger.

    Cela dit, je continue à aimer profondément les formats papier, pour tout un tas de raisons. C’est juste que la liseuse a un aspect profondément pratique.

    Bonne journée à tous, et merci pour ces lectures toujours intéressantes :)

  4. Merci pour cet article !
    Étant une inconditionnelle du papier et une fervente cliente de ma bibliothèque de quartier, je dois dire que j’avais de nombreux a priori sur ses liseuses (bien que je travaille dans le web et les nouvelles applications numériques – le comble !). Mais lisant de plus en plus d’articles et étant entourée de plus en plus de personnes vantant leurs qualités, je commence à revoir mon jugement et serais presque tentée d’aller rendre visite au côté obscure… :)
    Après tout, utiliser une tablette ne veut pas dire que nous ne tiendrons plus de papier dans nos mains !

  5. J’aimerais bien me convertir mais pour le moment j’attends que le prix des livres baissent. Je ne suis pas particulièrement attachée au papier mais c’est que avec les livres physiques il est possible d’en acheter des usagés à 1 € et cette option n’est pas encore disponible sur les livres numériques.

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