Littérature française

Neverland – Timothée de Fombelle

« Je suis parti un matin d’hiver en chasse de l’enfance. Je ne l’ai dit à personne. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. »

Je m’attendais à un livre sur l’enfance mais je ne m’attendais pas à être touchée autant et à ce que ce livre me parle à moi, rien qu’à moi au creux de l’oreille et pose des mots qui me « réparent ». Livre totalement inclassable et indispensable qui nous parle de voyage intérieur.

De Timothée de Fombelle, je n’ai pas lu les livres jeunesse mais je sais qu’ils doivent être beaux parce que tout le monde s’accorde à le dire, entre Le livre de Perle ou Tobie Lolness.

Ici je me suis lovée dans les mots de l’auteur qui interrogent et revisitent sa propre enfance et à travers elle la nôtre. Il part à la recherche de son propre pays imaginaire, et interroge ses contours et ses limites et à travers ce pays, il nous invite à revisiter notre propre mémoire.

Ses mots sont remplis d’une divine poésie et savent magnifiquement nous rappeler la magie et les bonheurs de l’enfance mais aussi ses points de ruptures, ses douleurs et souffrances. Ils évoquent des faits réels, les souvenirs de l’auteur, sa famille mais aussi un monde imaginaire qui ne s’arrête pas à un âge donné. De page en page, je n’ai cessé de noter des phrases, des mots…

« Je n’ai pas de mémoire, et pourtant, il y a un endroit où tout cela reste vivant. L’enfance n’habite pas la mémoire. Elle habite notre chair et nos os. Même abîmés par elle, dressés contre elle, nous sommes faits de notre enfance, adossés à ses murs sombres. Elle est tout ce qui reste à ceux dont on dit qu’ils n’en ont pas eu. »

Ce livre fait parti de la sélection des 68 premières fois, ce n’est pas à proprement parlé un premier roman, mais c’est tout de même son premier texte écrit pour les adultes.

J’ai été touchée en plein coeur, je ne m’attendais pas, à ce que ce Timothée là soit comme mon Timothée à moi, celui qui suit l’enfant perdu. Et ses quelques mots m’ont donné tant à comprendre, c’est rare. Je garde ce livre comme un objet précieux, un doudou qui m’accompagne et que je lirais à mon fils plus tard..

« D’autres disparus me hantaient dans mes nuits de trappeur. Un an avant ma naissance, ma mère avait perdu un enfant qu’elle attendait. Je le considérais depuis toujours comme mon allié, certain que sans lui, je n’aurais pas vu le jour. Je vivais avec cette reconnaissance »

 

 

 

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4 réflexions au sujet de « Neverland – Timothée de Fombelle »

  1. On m’a offert un livre (en te lisant je comprends que ce doit être un roman jeunesse ) de cet auteur, que je ne connais pas du tout. Je vais essayer de le lire bientôt, car il a l’air intéressant en effet !

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