Documentaires et essais·voyage

Nouilles froides à Pyongyang – Jean-Luc Coatelem

IMAG0664Encore un récit de voyage…. Mais pas n’importe quel voyage ! Jean-Luc Coatelem (dont j’ai déjà lu Le dernier roi d’Angkor) part ici à l’assaut d’un des pays les plus fermés au monde, la Corée du Nord. Plus que récit pur de voyage d’ailleurs, c’est un témoignage.

Un livre qui fait clairement froid dans le dos.

On n’y découvre rien qu’on ne sache vraiment déjà (les conditions de vie terrifiantes de la population, la famine, la propagande, la folie de ses dictateurs et leur menace nucléaire…) mais malgré tout de s’en retrouver témoin une fois de plus ne fait que renforcer le sentiment de terreur que ce pays inspire.

Ca m’a rappelée un épisode de Striptease où un groupe de parlementaires belges se rend là-bas et parvient à filmer son voyage. Ce qui s’y passe à ce moment-là est exactement ce que vont vivre l’auteur et celui qui l’accompagne. Ils sont pris en charge par 3 Kim (tous les coréens que l’auteur rencontre s’appelleront Kim dans son livre) qui les encadrent, voire les fliquent du bout en bout du voyage (leurs passeports ont été réquisitionnés).

Rien n’est laissé au hasard, tout le programme de découverte est défini à l’avance, jusqu’aux pauses pipi qui ne peuvent être improvisées. Aucune possibilité de rencontrer les coréens qui de toute façon se méfient de tous les étrangers.

L’auteur apparaît comme « turbulent » parce qu’il refuse de se plier à certaines visites obligées (qui coûtent en plus un bras, genre 100 euros). Dans chaque village ou monument traversé, les mêmes histoires sont racontées, la visite du président…

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La peur et la paranoïa s’immiscent dans la tête de l’auteur qui se fait passer pour un professionnel du tourisme, cachant le véritable but de ce voyage.

Les 2 compagnons se raccrochent à leurs lectures pour tenter d’échapper à cette ambiance si lourde et à la sensation de vide que ce pays inspire. L’auteur lit Mardi de Herman Melville. Il a d’ailleurs de jolis mots sur la liberté que peut offrir la littérature qui ici prend toute sa force.

Il fait également référence à 1984 d’Orwell et c’est vrai qu’on s’y croirait tout à fait.

Si vous ne savez pas encore ce qui se passe dans ce pays-là mais que ça vous intéresse, ce livre est une bonne entrée en matière ! Sinon, cela ne fait que rajouter de l’inquiétude mais cela reste une lecture intéressante néanmoins.

 

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2 réflexions au sujet de « Nouilles froides à Pyongyang – Jean-Luc Coatelem »

  1. J’ai lu ce livre il y a quelque temps. Je l’ai à la fois trouvé très intéressant, parce que s’il l’on n’apprend pas de fait, les anecdotes sont très parlantes, et à la fois un peu ennuyeux : sans doute parce que j’ai été atteinte par le vide du pays et celui de l’écriture.

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