Littérature française

Nous, les passeurs // Marie Barraud [68 premières fois]

Lu dans le cadre des 68 premières fois

« J’ai voulu raconter l’histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J’ai voulu dire ce qui ne l’avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J’ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c’est moi qu’ils ont libérée. »Les passeurs Marie Barraud

Dans ce livre, récit familial, l’auteur Marie Barraud mène une véritable enquête transgénérationnelle. Alors qu’on lui confie un carton chargé de lettres, de photos, elle cherche à comprendre qui était son grand père, Albert Barraud, disparu pendant la seconde guerre mondiale et au sujet duquel elle ne sait rien, parce que sa grand-mère est décédée et que son père et son oncle refusent d’en parler, sujet tabou donc avec tout ce que cela suppose.

En menant son enquête, elle découvre que son grand-père, médecin, comme son père et qui a donné son nom à une rue de Bordeaux, a été médecin dans un camps de concentration (Neuengamme) et a péri à Lübeck à bord d’un navire, le Cap Arcona, bombardé par les alliés.

Elle va réussir à rencontrer un survivant du camps, Roger Jolly, qui va lui livrer des éléments sur l’action de son grand-père dans ce camps et les derniers jours de sa vie. A travers l’histoire du grand-père (un héros de l’histoire à qui elle rend un si bel hommage), elle comprend mieux les relations difficiles de son père et de son frère et de leur mère, et elle recrée le lien. (La lettre de son père à la fin est éminemment touchante).

Dans la dernière partie du livre, elle se rend avec son frère sur le camps où son grand-père a été emprisonné et elle va jusqu’à la baie où il apréi, en compagnie de son frère.

Livre d’une grande force mais qui m’a presque laissée sur ma faim tant j’aurais aimé en savoir plus sur le père et le grand frère de l’auteur, deux êtres traumatisés par l’Histoire et sur lesquels l’auteur livre au final assez peu d’éléments.

J’attendais beaucoup de ce livre (trop ? d’où des attentes un peu déçues peut-être), de par son thème, de par ce titre que je trouve magnifique et si symbolique.

Ce livre est une véritable témoignage sur l’analyse trangénérationnelle et ce qu’elle peut apporter à la personne qui se lance dans cette démarche : se libérer du passé. Il est aussi un formidable témoignage sur comment la grande histoire et la petite peuvent être liées.

« Notre vie peut prendre chaque jour la forme de nos folies, mais elle reste, finalement, le prolongement des vies de ceux qui nous ont précédés. Qu’on le veuille ou non, nous venons compléter un cycle. Et je perçois aujourd’hui qu’ignorer ce qui fut avant nous, c’est perdre une partie de ce que nous sommes supposés devenir. Héros ou bourreaux, nos ancêtres nous transmettent bien plus que leur nom. »
« Nous baladions tous deux notre regard sur cet immense tas de pierre représentant le bloc du revier 1. Chacune d’elle prit la forme d’un trésor précieux. Chacune de ces pierres renfermait un morceau de lui…un regard, une empreinte, un souffle, un cri de colère ; un secret, un soupir plein d’espoir, un sourire, une larme. Durant toute une année, il s’était battu pour venir en aide aux plus faibles, aux plus désespérés. Durant un an il avait espéré, soutenu, il avait porté, aimé, menti, il s’était battu pour lui, pour eux, pour nous. »

68 premières fois

 

68 premières fois

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