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Paris, ville aimée, ville haïe

Il y a les mots de mon fils « c’est l’horreur, le monde à place d’Italie » (oui j’ai sûrement dû dire ça…). Il y a le bruit (des motos, des sirènes, de l’immeuble, du stade charlety intolérable, des gens qui ne respectent rien…), les bruits qui rendent anxieux l’enfant déjà fort sensible. Il y a la pollution, indécente. Il y a cette saleté ignoble, les odeurs. Il y a la misère, les naufragés toujours plus nombreux. Il y a l’agressivité et les incivilités. Il y a le prix tellement choquant des loyers qui ont plus que doublé depuis que j’y vis. Il y a les transports qui marchent si mal et rendent dingue. Il y a le stress et le rythme, il y a toutes ces possibilités dont on ne profite pas (je n’ai plus envie de sortir de mon quartier plutôt calme et d’affronter la foule).

20 ans que j’habite Paris sans me dire que je suis ou que je me sens parisienne. Des années tout de même à me sentir « chez moi » dans cette ville qui m’a accueillie, qui m’a fait rêver et dont j’ai beaucoup profité.

Et puis la vie qui change avec ses priorités différentes, et puis la ville qui change, surtout.

Depuis que suis agent de la ville de Paris (7 ans), je ne me suis jamais sentie aussi peu parisienne. Parce que cette ville n’est plus accueillante, parce que tous les jours j’apprends des décisions qui me heurtent voire même me révoltent sur sa façon de gérer ses agents (70 % des agents n’habitent pas Paris, ça questionne) et ses citoyens. Parce que clairement cette ville n’est plus pour moi, ni chez moi.

En attendant l’ailleurs rêvé et pas si facilement atteignable, il faut supporter le stress, l’agressivité des gens, cette misère qui fait mal et puis ce sentiment d’être rejeté de sa propre ville, parce qu’on n’est pas assez riche pour elle…

Il y a surtout ce besoin de retrouver une vie plus douce et gaie.

Soon…. ?

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8 réflexions au sujet de « Paris, ville aimée, ville haïe »

  1. Ah la la, je me reconnais tellement dans ce que tu écris… J’ai adoré Paris mais aujourd’hui elle m’épuise et, comme toi, je m’y sens rejetée car pas assez riche pour elle.
    Et puis, parfois, la magie opère à nouveau, certains quartiers résistent encore et toujours à l’envahissement bobo. Et il y a les amis…
    La première qui trouve la solution à cette équation avertira l’autre ;)

    1. La seule solution envisageable pour moi c’est partir mais quand je ne sais pas, c’est le boulot le frein, les amis sont déjà presque tous partis

  2. Il y a quelques années, j’avais beaucoup de mal à la supporter. Puis, parce que certaines choses ont évoluées dans ma vie, elle m’est apparu moins pénible. Je crois aussi que je me suis faite une raison. Pas de départ possible pour mon conjoint qui adore son boulot et gagne très bien sa vie. Je peux donc faire ce que je souhaite de mon côté. Et puis, j’ai de la chance d’avoir déménager pour plus grand, avec un bout de paradis (une terrasse).

    Mais vivre à Paris demande d’être riche, ou très très débrouillard. Et puis, je n’ai pas d’enfant. Cette ville n’est pas accueillante pour les petites. La misère, c’est déjà dur d’en être le témoin impuissante quand on est adulte, mais enfant, cela abîme, cela use l’innocence et l’enthousiasme. Constat que j’avais fait il y a plus de 25 ans, quand j’étais étudiante et que je gardais des mômes. Et déjà, à l’époque, Paris me semblait violente…

    Le pire, c’est que je ne suis pas persuadé que ce soit plus simple ailleurs. J’ai des amis à la campagne, ou dans d’autres villes. Les problématiques écologiques et environnementales ne sont pas mieux traitées. On y ajoute souvent plus de racisme, moins d’ouverture. Parfois, c’est joli, propret (genre Annecy) mais les réalités dissimulées me déplaisent profondément.

    Difficile d’aller planter ses racines ailleurs quand on n’a pas vraiment de port d’attache.
    J’espère que tu trouveras une solution ou au moins, un équilibre.

    1. C’est très juste tout ce que tu dis. Pas sûre que ce soit plus simple aiĺleurs mais ce sera toujours plus accessible financièrement et c’est vraiment cet aspect qui pose problème pour nous. Mais bon faut trouver du taf ailleurs….

    2. Annecy c’est joli mais ultra bourge, je me verrais jamais y vivre. Une copine parisienne y est en famille d’ailleurs, elle a eu beaucoup de mal au début

  3. C’est intéressant tout ce que vous dites (ton billet et les commentaires). J’ai habité quelques années à Paris, mais sans y rester. Je n’y ai pas très bien vécu, pas assez de place, trop de monde, de promiscuité. Et pourtant c’est incomparablement mieux géré que Marseille où je suis. Mais l’alchimie entre ville et soi est bizarre : je me suis immédiatement sentie chez moi à Marseille, alors qu’a priori… nous étions très différentes, elle et moi ! J’espère que tu parviendras à te trouver ta place quelque part.

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