J'ai aimé·Littérature française

Retrouver ses lectures d’enfance : Marie-Claire de Marguerite Audoux

Je me souvenais très bien avoir lu ce livre en 5ème, mais à sa relecture, je dois admettre que je ne me souvenais pas du livre en tant que tel. Je me souvenais plutôt de l’histoire de l’auteur Marguerite Audoux. Bien m’en a pris de trouver ce texte en format numérique ! J’ai plongé dans ce livre avec un plaisir indicible.

Qui est Marguerite Audoux ?

Marguerite Audoux est née en 1863 dans le Cher, sa mère meurt alors qu’elle a trois ans et son père l’abandonne, elle et sa soeur ainée. Elles passent neuf années à l’orphelinat de l’Hôpital général de Bourges. De 1877 à 1881, Marguerite est placée, en tant que bergère d’agneaux et servante de ferme, en Sologne. Les deux dernières années de cette période sont marquées par la rencontre d’Henri Dejoulx, avec qui la jeune fille vit un amour payé de retour, mais auquel la famille d’Henri, par peur d’une mésalliance, met un terme.

L’orpheline s’établit alors à Paris, où elle vit des années noires en exerçant le métier de couturière. Sa sœur Madeleine lui laisse sa fille Yvonne. C’est précisément cette nièce qui va favoriser la carrière littéraire de sa mère adoptive : la jeune fille volage se prostitue dans le quartier des Halles de Paris, un jeune homme, qui ignore également le commerce auquel elle s’adonne, s’éprend d’elle. C’est Jules Iehl, alias Michel Yell en littérature, un ami d’André Gide. Yell fait rencontrer à Marguerite Audoux un groupe d’intellectuels, écrivains et artistes, parmi lesquels figurent Charles-Louis Philippe, Léon-Paul Fargue, Léon Werth et Francis Jourdain.

Ils forment ensemble « le groupe de Carnetin ». Sur l’insistance du groupe, elle publie Marie Claire en 1910 qui obtient le Prix Femina. Avec l’âge, sa vue se dégrade mais elle continue à écrire : L’ Atelier de Marie-Claire (1920), De La ville au moulin (1932), La Fiancée (1932) et Douce lumière (1937) .

La romancière, décédée le 31 janvier 1937, est inhumée à Saint-Raphaël, où l’amoureuse de la mer a terminé son existence.

Marie-Claire

Marguerite Audoux nous raconte ici ses souvenirs de la première partie de sa vie avant son installation à Paris en tant que couturière, depuis sa naissance jusqu’à ses 18 ans. Elle raconte ses années d’orphelinat, sa relation avec les bonnes soeurs et ses camarades, sa vie de bergère et de servante de ferme, mais aussi sa première histoire d’amour et sa découverte de la littérature (par le biais d’un livre trouvé dans un grenier).

Dans ce livre court, avec une économie de mots, elle dresse un portrait très juste du monde rural et de la société de cette époque.

Tout y est très juste, le ton, la simplicité des mots. Beaucoup d’aspects sont juste évoqués, avec beaucoup de pudeur et de naïveté, l’auteur se remet complètement dans l’esprit de l’enfant qu’elle était alors qu’elle a écrit ce livre bien des années après. Cela donne au récit un caractère universel qui est très touchant. On se retrouve complètement et entièrement plongés dans l’univers et l’époque où Marie-Claire/Marguerite a grandi.

Un témoignage bouleversant de simplicité.

Je vais m’empresser de lire la suite L’atelier de Marie-Claire.

Le 1er numéro du magazine Marie-Claire est paru en 1937 juste après la mort de Marguerite Audoux, celle-ci n’avait pas donné son accord, mais ses ayant droits ont laissé faire. Et aujourd’hui, on ne connait plus Marguerite Audoux, par contre Marie-Claire….

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4 réflexions au sujet de « Retrouver ses lectures d’enfance : Marie-Claire de Marguerite Audoux »

  1. C’est ce roman, Marie-Claire, qui a précisément inspiré le nom du magazine féminin, Marie-Claire ! On a oublié Marguerite Audoux, on ne connaît plus que le magazine ( et  » Marie-Claire Idées  » a son blogue sur Hellocoton ! ), c’est dommage !
    Bon dimanche !

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