La vie nous fait inexorablement évoluer (heureusement me direz-vous !), nos goûts ou envies de lecture ne cessent d’évoluer en même temps. Ces derniers temps, les épreuves ont mis à rude épreuve mon goût de lire tout entier. C’était difficile de ne plus se retrouver dans les livres, dans l’acte de lire car ceux-ci étaient jusqu’à maintenant un vrai refuge pour moi, un vrai bonheur aussi. Le goût des mots lui ne m’a jamais quitté, parce que ceux-là ils me sauvent de tout.
J’ai donc réalisé dernièrement (alors qu’encore une fois mes envies et surtout aptitudes de lecture évoluent) qu’effectivement si je n’ai plus le même goût pour le roman, l’écriture de fiction, j’ai toujours une profonde envie de lire. J’ai moins besoin de m’échapper d’un quotidien ou de rêver, ce que je trouvais jusqu’à maintenant dans les romans, mais plutôt de trouver des réponses ou des mots qui m’aident à avancer et/ou m’enrichissent.
Pendant longtemps (hormis les livres scolaires ou universitaires), je n’ai lu quasiment que des romans. Mais je sais que si j’ai toujours lu pour me divertir, j’ai toujours eu besoin de lire aussi pour m’enrichir, pour apprendre de nouvelles choses. Les romans me suffisaient pendant longtemps pour m’apporter tout cela en même temps.
Quand j’ai retrouvé ce carnet avec mes lectures de l’an 2000, j’ai réalisé à quel point le roman tenait une place particulière dans ma vie de lectrice de l’époque, j’étais aussi assez obsessionnelle quand je découvrais un auteur (plutôt contemporain), j’avais tendance à enchaîner plusieurs livres du même auteur, ce que je ne fais plus du tout aujourd’hui. En même temps, à cette période, je finissais ma maîtrise d’anglais, j’avais du temps et j’ai renoué avec le plaisir pur de lire pour lire (et non plus les lectures imposées par la fac) et je dévorais.
Et puis, et je le vois encore plus depuis que j’ai ouvert ce blog il y a 3 ans, j’ai commencé de plus en plus à lire des textes différents, des essais, des témoignages, des récits de voyage..
Aujourd’hui, mes goûts vont clairement plus vers ce type d’écrits, les romans me lassent beaucoup, j’ai du mal à rentrer dans l’imaginaire (ce que je n’avais aucun mal à faire jusqu’à maintenant), mon esprit profondément cartésien et exigeant entre souvent en résistance face aux écrits. Je deviens de plus en plus difficile et de plus en plus facilement déçue par un écrit de fiction.
Je reste souvent spectatrice, à l’extérieur, sans parvenir à être touchée par ce que je lis ou par me sentir concernée, j’ai de plus en plus de mal à m’identifier aux personnages. Résultat, je n’ai jamais laissé autant de romans en plan.
D’ailleurs quand je repense aux livres lus dernièrement, je réalise que ceux qui m’ont vraiment marquée sont des textes autour du voyage (mais ces textes-là, avec le recul ont toujours fait parti de mes goûts, ils sont juste beaucoup plus présents désormais) et des essais.
D’ailleurs, sur le même carnet qui date de 2000, voici l’une des citations que j’avais notée.
« Peut-être notre véritable destin est-il d’être éternellement en chemin, sans cesse regrettant et désirant avec nostalgie, toujours assoiffés de repos et toujours errants. N’est sacrée en effet que la route dont on ne connait pas le but et qu’on s’obstine néanmoins à suivre, telle notre marche en ce moment dans l’obscurité et les dangers sans savoir ce qui nous attend. » - Steven Sweig
Je pense que pendant un moment, je me suis presque inquiétée de cette perte d’envie de lire de romans (ou j’ai subi tous ces livres commencés que je n’arrivais décidément pas à lire) et puis j’ai réalisé qu’il fallait juste écouter ma voix intérieure et continuer d’aller vers ces textes qu’aujourd’hui je lis, parce qu’au moins ceux-là me réconciliaient avec la lecture (et que c’est ce qui compte, ce qui fait du bien).
Peut-être qu’un jour – et je le souhaite – j’aurais de nouveau envie de dévorer un gros pavé bien littéraire…
Moi aussi je fais des gifs
(bon, ça va trop vite.. je sais !)




