Littérature française,  Mes indispensables

D’autres vies que la mienne – Emmanuel Carrère

Il y a certains livres – peu – dont on sait qu’ils vont nous “parler” avant même de les commencer.

Celui-ci en fait parti, je l’ai su à la lecture des différents avis sur les blogs. Il arrive malheureusement parfois qu’à trop attendre d’un livre, on est déçu. Et puis parfois la rencontre se fait (et c’est finalement assez rare pour être souligné, en tout cas pour moi qui attend beaucoup des livres et qui suis souvent déçue).

Ici, j’ai su dès le commencement que les mots de Carrère allaient résonner en moi, que le dialogue s’était instauré.

C’est un livre qu’on a envie de partager avec les autres (même si le sujet ici est très délicat : maladie, deuil, surendettement…).

Il y a ce titre tout d’abord que je trouve très beau et qui résume si bien le livre et puis il y a tout le reste.

L’auteur

Emmanuel Carrère est un écrivain, scénariste et réalisateur français (né en 1957). Il est notamment l’auteur La Moustache (1986), L’Adversaire (2000) qui raconte l’histoire de Jean-Claude Romand qui a assassiné toute sa famille après leur avoir menti pendant 18 ans. D’autres vies que la mienne est sorti en 2009.

Le livre

La 4ème de couv emplie des mots de l’auteur est donc (pour une fois) la meilleure façon de parler du livre

A quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux évènements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai.

L’auteur nous parle ici d’un couple rencontré au Sri Lanka pendant le Tsunami et qui y a perdu sa petite fille Juliette. Il nous parle d’une autre Juliette, sa belle sœur, disparue à 33 ans des suites d’un cancer et qui laisse son mari et 3 petites filles. Il va nous raconter leurs histoires, à travers les mots de ceux qui restent et qui témoignent. Notamment Etienne, collègue de Juliette avec qui il a mené une bataille contre le surendettement des plus démunis, et avec laquelle il a créé une amitié hors du commun. Enfin, à travers ces vies, il nous parle aussi de lui, de comment ces évènements ainsi que l’écriture du livre l’ont changé lui, profondément.

Ce que j’en ai pensé

C’est un livre qui touche parce qu’il parle de sujets dramatiques et de personnes réelles, mais aussi d’amour. C’est un livre qui vous tire des larmes mais qui n’est jamais larmoyant, c’est un livre d’une incroyable justesse et d’une très grande pudeur. Les mots de Carrère sont parfois crus, mais toujours d’une grande simplicité et humanité.

C’est un livre qui témoigne et qui rend hommage à ces personnes qui ont subi la vie de plein fouet (la maladie, le deuil, la misère) et qui se sont battus. C’est un livre sur le courage, la peur et l’empathie et qui montre une fois de plus la force et l’importance des mots dans cette lutte qu’est la vie.

Un livre essentiel.

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Les avis de My little discoveries, Chrys, Sophie, Delph, Lelanie, Lasardine

Lire le très bel article de Nathalie Crom dans Télérama.

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

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