Bibliothèque,  Ma vie trépidante

Et si le “merveilleux” monde des bibliothèques ne voulait pas de moi ?

J’ai quitté mon job après 9 ans dans la communication avec cette évidence au creux du ventre (une évidence que j’avais toujours su, mais qui s’était diluée) : j’étais faite pour le monde des bibliothèques.J’étais consciente que je ne tentais pas l’impossible, mais en tout cas pas la facilité, mais j’avais envie de croire que j’allais trouver ma place dans ce monde là car enfin, j’étais convaincue d’avoir trouvé le milieu fait pour moi, un milieu où j’allais pouvoir pleinement m’investir et apporter mon engagement, ma passion, mes convictions et mes compétences.

J’ai douté, ça fait partie de moi, mais je me disais “j’ai enfin trouvé le milieu fait pour moi, je vais y trouver une place, ce n’est pas possible autrement”. Aujourd’hui, je ne sais plus. La réalité m’a rattrapée.

D’abord, il y a les conditions d’accès à ce milieu. L’incohérence du système.

  • Peu de postes sans concours, peu de postes aux concours. 13 postes au concours de bibliothécaire pour 4000 inscrits, ça laisse songeur…. Et puis avoir ce concours veut dire derrière 1 an et demi de formation à Lyon, j’ai envie de bosser moi, je suis prête, mais peut être pas prête à être mutée ensuite n’importe où en France non plus (vive l’administration…) (au fond, j’avais eu la naïveté de croire que je pourrai échapper aux concours car je n’ai pas vraiment envie d’être fonctionnaire)
  • Beaucoup de postes précaires. Et même pour ces postes ultra précaires, on demande des expériences que je n’ai pas.
  • Beaucoup de postes précaires ET inintéressants, je n’ai pas quitté mon job pour me retrouver dans un job sans intérêt et mal payé.

Et puis il y a le choix de l’école que j’ai fait et qui me déçoit de jour en jour. Pas du tout à la hauteur de mes espérances et qui me ferme des portes plutôt que m’en ouvrir (ou les portes des postes sans intérêt).

Ca fait beaucoup, il était peut être temps que le désenchantement arrive….

(à suivre…)

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

39 Comments

  • leslivresdegeorgesandetmoi

    bouh, ça c’est la déprime post-examen et attente des résultats…. je te comprends… allez il ne faut pas te décourager, les concours c’est toujours stressants et souvent trop arbitraire ! Attends tes résultats et tu auras le temps de voir après ! je t’embrasse !

  • Sophielondon

    C’est très très triste. Vivant en Angleterre, je suis toujours outrée qu’on vous oblige en France à subir des mutations si loin de chez vous, comme pour les profs du sud mutés dans le nord (je suis du 62 et me souviens de mes profs mutés de Toulouse). En ce moment, les employés de la BBC ici sont outrés de devoir être mutés dans une ville lointaine, certains présentateurs ont démissionné du coup.

    Tout en France est si rigide et vieillot, je peux me tromper, mais je crois lire entre tes lignes que le système est vraiment à refaire et est géré par des gens en haut probablement d’un certain âge et redoutant/empêchant (?) tout changement au niveau des bibliothèques.

    Souvent, malheureusement, il faut choisir un travail n’étant pas en rapport avec les livres pour gagner sa croûte. J’ai de la chance, l’une de mes 2 activités et d’être prof, donc cela implique les livres. Quoique tu fasses, bon courage!!

    Ici beaucoup de bibliothèques ferment, c’est si triste!! La faute aux budget cuts et aux banques (un peu simpliste, je sais…)

  • D.

    Comme je te comprends ! Je suis dans à peu près dans la même situation. J’ai fait une année de licence professionnelle métiers des bib après une licence de lettres, et mon souhait était avant tout d’en finir avec les études et de commencer à travailler en bibliothèque. J’ai malheureusement négligé le choix d’études après le bac, j’ai choisi de faire une licence générale alors que j’aurais dû me lancer dans un dut. Pourquoi ? Tout simplement parce que beaucoup de concours ne considère pas mon diplôme de licence pro, il faut à chaque fois que je fasse une demande d’équivalence (alors qu’avec un DUT, tout est plus simple). Ce qui rajoute une difficulté à l’inscription et qui allonge le temps de réponse ( exemple : l’année dernière on m’a prévenu deux semaines avant le concours que l’équivalence était acceptée…) Donc niveau concours, j’ai le même désespoir que toi et j’aimerais vraiment que l’on mette fin à ce système pour privilégier les embauches comme dans le secteur privé ( et aussi de mettre fin au fonctionnaire = à vie, il y aurait un peu moins de gros branleurs en bib qui ne méritent pas vraiment leur place, je parle en connaissance de cause bien sûr)
    Quant à la précarité… J’ai eu de la chance j’ai trouvé très rapidement un CDD de deux ans, mais après mon CDD je fais quoi ? J’en enchaîne combien ?

    Beaucoup de choses auraient besoin d’évoluer dans ce secteur et vite si possible

  • chocoladdict

    je te donne mon poste si tu veux…moi je cherche à partir car dans certains endroits c’est vraiment très sclérosé et on est pire que nos propres caricatures…c’est marrant j’aimerais bien bosser dans la comm moi )

  • Asphodèle

    C’est inadmissible cette sclérose alors que le “libéralisme” soufflerait sur notre hexagone !! Bientôt nous serons tous en Chine à faire découvrir Flaubert et Zola aux petits pékinois !^^Et tout ce que je t’ai dis en privé…

  • Eiluned

    C’est vraiment dommage…
    Les rêves sont parfois difficilement accessibles malheureusement. Ne perds pas espoir, et pense à t’investir dans des associations, ou en tant que bénévole? Donner quelques heures pendant le week end à de petites bibliothèques qui ne fonctionnent qu’avec des employés non rémunérés. Persévère, mais sinon tu peux toujours reprendre un travail “alimentaire”, et vivre tes passions à côté. Même si ça a un côté un peu cynique de dire ça…

  • Ellcrys

    Quand je me suis retrouvé au chômage, il y a deux ans, j’ai voulu tenter ma chance au concours et malheureusement, on n’a pas accepter ma candidature pour le concours, car il y avait trop d’inscrits pour très peu de place. Aujourd’hui, j’ai un job qui me plait, mais je caresse le doux rêve, un jour, d’ouvrir mon propre café-librairie, dans un endroit où il y en a besoin…

  • Gwen

    Je ne sais pas quelle école tu as choisi. J’avais comme toi très envie de travailler en bibliothèque (j’ai une licence de lettres modernes option métiers du livre) mais les portes sont difficiles à ouvrir, pas envie de passer le concours non plus, ni donner des années de ma vie dans une grande ville. En plus, souvent les petites bibliothèques recrutent sans concours et sont parfois plus plaisantes et le travail plus dynamiques, le souci évident devient alors comme tu l’as très justement souligné des emplois précaires avec 20h par semaine… Aujourd’hui, je recherche en librairie où ma passion se nourrit de mon travail et vice-versa mais les portes restent lourdes à pousser aussi… La voie du livre n’est pas de tout repos mais gardons espoir car c’est un merveilleux métier de transmission et de partage. Haut les coeurs, on y parviendra !!!

  • LN

    C’est pas évident tout ça… De mon côté je cherche à nouveau du travail, je ne supporte plus l’ambiance dans l’entreprise où je travaille… Mais comme dans la plupart des secteurs en ce moment il y a beaucoup de candidats pour trop peu de postes. Je compatis donc à ta remise en question et je te souhaite bonne chance pour ta recherche!

  • Sabbio

    Je suis vraiment désolée pour toi! Peut-être que tu arriveras à réaliser ton rêve autrement! Pourquoi ne pas inventer une biblio-librairie? Le côté bibliothèque pour les valeurs que tu défends ardemment et la librairie pour ceux qui veulent non pas seulement emprunter mais avoir un livre à eux, après tout dépend de la zone dans laquelle tu vis, il faudrait un coin “calme” , pas trop peuplé je pense… Bon c’est peut-être une idée utopiste mais ce serait génial!
    Je te souhaite de retrouver le moral ET de trouver le travail qu’il te faut et qui te plaira sur tous les points! Bises.

  • liberlibri

    Aïe ! La tristesse post-concours est généralisée ! Que te dire d’autre que te souhaiter plein de courage ! Je crois me souvenir que tu passais les concours pour la première fois, il faut demander ses copies, se relire calmement et tenter à nouveau les épreuves fort de son expérience. N’oublie pas aussi de regarder du côté des concours ITRF, qui sont moins connus donc moins sélectifs. Ils débouchent parfois sur des perspectives intéressantes.

    Encore une fois, courage !

  • Miss Alfie

    Pas facile en effet quand on se rend compte en cours de formation ou en cours de carrière que l’on s’est peut-être trompé et que ce que l’on imaginait du métier est bien loin de la réalité… Je ne suis pas bibliothécaire, je ne travaille pas dans le monde du livre entre autre parce que je sais que je n’aurai pas le courage de me battre devant de telles difficultés, mais je suis fonctionnaire…
    Je suis rentrée dans la FP d’Etat il ya un peu plus de deux ans, parce que ce concours me permettait d’obtenir un poste justement à l’autre bout de la France mais à côté de ma moitié. Sauf qu’aujourd’hui, je me mords les doigts : si j’ai accès à beaucoup d’avantages (formations proposés par l’Etat, congés important) je peste contre une hiérarchie sclérosée et sclérosante et contre un fonctionnement qui m’entrave dans ma liberté d’action et de parole… Ou comment un fonctionnaire peut se sentir un véritable pantin prisonnier.

  • Dominique

    Je suis fonctionnaire à la Sécurité Sociale après avoir été prof d’histoire agrégé et tout et tout mais… En Belgique, mais ça ne change pas grand chose à la sclérose et à l’aberration de l’Administration avec un grand A. Personnellement, j’ai renoncé à un métier qui m’intéresse et j’investi plus dans ce que j’appelle la vraie vie et j’ai un peu honte d’avoir renoncé.

    Mais heureusement, par mes contact avec le public, je me rends compte quand même que mon boulot est utile, que j’aide vraiment les gens. Tout n’est pas sombre. Heureusement…

  • My little discoveries

    Oh là là je suis vraiment déçue pour toi, car j’aime beaucoup ta façon de partager ta passion pour les livres sur ton blog… On voit que c’est ton truc et je te souhaite vraiment de trouver très vite un job épanouissant et qui te plait… Bon courage Delphine!

  • carole

    Tu sais, si c’est vraiment ce que tu veux, accroche-toi, la vie t’apportera des solutions, tu peux être amener à faire des rencontres, à participer à des projets qui dans quelques temps te feront voir ta situation différemment.
    Depuis que je suis toute petite, ma vie tourne autour de l’art contemporain (études, loisirs, amis…). Puis, il a fallu chercher du travail et je me suis rendue compte que jeune et diplomée je n’intéressais pas les foules et de toute façon, les boulots qui m’étaient accessibles ne m’intéressaient pas (agent d’accueil dans une galerie à bac+5 oups!).
    donc, j’ai découvert d’autres voies et je peux te dire que j’aime beaucoup ce que je fais. je travaille dans une admistration. l’art contemporain reste très présent, expos, lectures, rencontres… mais j’aime ma vie telle qu’elle est aujourd’hui! je te souhaite bon courage pour surmonter cette déception et bonne chance pour la suite,

  • Violette

    Je suis désolée que tu sois déçue… Rappelle-toi que le rapport entre le nombre de places et le nombre de participants est complètement insensé. Et que parfois certaines situations nous permettent de rebondir d’une manière que l’on n’aurait pas imaginée. Il faut parfois savoir se faire confiance. Facile à dire, certes, mais vrai.
    En attendant le rebond, courage!

  • Anna

    Tu n’es malheureusement pas la seule qui passe par de tels moments. Le système d’accès aux métiers des bibliothèques est complètement insensé, ne prenant pas en compte les capacités professionnelles. Sinon, j’ai aussi fait la même école que toi il y a quelques années.

  • Nina

    Si tu veux boire un pot autour de discussions sur les Métiers du Livre, je suis partante (j’ai commencé un DUT métiers du livre en bibliothèque, j’ai passé un Brevet Pro de libraire et je commence en parallèle de mon travail dans ces même ML une licence pro de librairie), je suis certaine qu’il y a des voies parallèles te permettant d’entrer dans le monde de la bib ;)

  • Claire (Ecran Claire)

    @Delphine : on discutera de tout cela de vive voix, bientôt , mais tu connais déjà un peu mon avis et mon expérience.
    @ Asphodèle : j’ai été prof de FLE en Chine . Mais pas à un stade où on pouvait parler littérature française. Quant aux médiathèques et librairies françaises,hmm…

  • FaFa

    Tu connais mon avis hein ! On va pas se laisser abattre et D. a raison, il faudrait mettre fin à ce système de sélection ! donner la chance à tous sur un même niveau !

    c’était mon premier donc, voilà, je me suis bien (royalement même) plantée ! ça dégoute quand tu as un petit espoir ! allez on tente le territorial et y croit ! jusqu’au bout de nos rêves comme disait l’autre !

  • Amélie

    Je viens de découvrir ton message et ta déception. J’avais fait la même chose : tentative aux concours territoriaux et d’Etat, échecs partout, puis j’ai repris un DUT en année spéciale (après une maîtrise, ça m’ouvrait plus de portes et me permettait de faire la formation en un an au lieu de deux), j’ai repassé les concours que j’ai tous ratés, et j’ai finalement trouvé un poste dans le privé, dans une école supérieure associative. Il faut tout faire, mais du coup, c’est intéressant, et on peut monter des projets plus facilement qu’avec une hiérarchie telle que celle de la fonction publique d’Etat. Ces places sont chères, mais pas impossibles à trouver.
    Je te souhaite de trouver ta voie dans le livre, et de pouvoir transmettre ta passion !
    Bon courage !

  • Sév

    Bonjour Delphine,

    Je viens de tomber sur ce message et je suis désolée pour toi. Je suis assistante des bibliothèques en BU depuis trois ans et les deux premières années, j’ai dû quitter ma ville natale, Marseille, pour mon premier poste à Rouen. Tout s’est bien passé d’ailleurs et j’ai eu la chance de pouvoir revenir chez moi au bout de deux ans seulement sans même un rapprochement de conjoint etc. (comme quoi tout est possible, même avoir un poste dans le sud). Ne perds pas espoir si tu as vraiment envie de travailler en bibliothèque, n’hésite pas à passer tous les concours pour rentrer dans les bibliothèques par la “petite” porte et pouvoir passer les concours en interne plus tard. Bon courage pour la suite !

  • Helene

    Ah tiens, je fais ( enfin ) un tour sur ton blog, et je me rends compte que je ne suis pas la seule à avoir cette opinion sur l’école, qui porte hélas mal son nom….

    J’espère qu’on se reverra à l’oral d’assistant, en tous cas au moins à la remise des diplômes !

    Hélène Legendre

Répondre à Delphinesbooks Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *