Littérature américaine

Un été sans les hommes – Siri Hustvedt

Du même auteur, j’avais aimé Tout ce que j’aimais. Sans pour autant me rappeler précisément ce livre, je gardais le souvenir d’une écriture sensible et intelligente que j’avais envie de retrouver avec ce livre dont les critiques positives ont fleuri sur les blogs, jusqu’à la critique d’Asphodèle. Lecture commune organisée par Hilde.

Ce livre nous raconte une période assez courte, un été donc, alors que la narratrice, Mia, une femme d’une cinquantaine d’années, poétesse, est abandonnée par son mari scientifique. Elle traverse alors une période de folie passagère avant de reprendre ses esprits,  et elle décide de “se terrer” dans une maison qu’elle loue hors de la ville, près de chez sa mère. Elle va alors profiter de cette période pour voir sa mère et ses amies (notamment lors d’un club de lecture), sa voisine, une jeune mère aux prises avec un mari violent, et organiser un atelier d’écriture avec des adolescentes. Elle passe donc cette période au milieu de femmes, toutes générations confondues.

Ce que j’ai pensé de cette lecture

J’ai aimé les portraits de la mère de la narratrice et de ses amies et cette vision de la vieillesse qu’elle dépeint. J’ai aussi aimé quand l’auteur nous parle des autres et nous fait part de leurs histoires présentes et passées. Mais lorsqu’elle fait parler sa narratrice d’elle-même, à travers ses réflexions sur son couple et sur les femmes, elle m’a alors profondément ennuyée et agacée par sa prose “intellectualisante chiante” et pompeuse. Et mon avis rejoint ici celui d’Asphodèle. Beaucoup de références littéraires ou psychanalytiques qui m’ont lassée, que j’ai trouvé assez creuses, justes là pour appuyer un propos ni très original, ni neuf.

Déçue donc par ce livre.

Je remercie Brioche qui m’a offert ce livre parce qu’elle l’avait elle aussi beaucoup aimé et qui m’a fait gagner pour l’anniversaire de son blog.

°°°°°°

Je note cependant cet extrait qui me “parle” forcément.

Le club de lecture, c’est très important. Il en pousse partout, comme des champignons, et c’est une forme culturelle presque entièrement dominée par les femmes. En réalité, la lecture de fiction est souvent considérée comme une activité féminine, de nos jours. Beaucoup de femmes lisent de la fiction. La plupart des hommes, non. Si un homme ouvre un roman, il aime avoir sur la couverture un nom masculin ; cela a quelque chose de rassurant.

 

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

18 Comments

  • olivier bihl

    Bonjour,

    Bon voilà un avis tranché mais je vais essayer de me faire mon avis en me rapprochant de ma médiathèque favorite.. Et je comprends ton intérêt pour le club de lectrice, alors allez vous accepter aussi des lecteurs masculins ?? lol

  • Violette

    J’avais été complètement retournée par Tout ce que j’aimais, que j’offre très souvent, et j’attendais celui-ci avec impatience… Mais entre ton avis et les autres critiques que jai pu entendre ou lire, je n’ai plus tellement envie là…

  • Violette

    Et j’ai oublié: merci pour la citation sur les clubs de lecture! La dernière phrase m’a fait sourire, car on m’a souvent dit (des hommes en général) que je ne lisais que des auteurs féminines! Comme quoi… ;)

  • Asphodèle

    Tu me rassures un peu, je croyais être passée à côté ! Il y a beaucoup de choses qui m’ont aussi profondément ennuyée par rapport aux passages intéressants. Les moments “club de lecture” avec les mamies m’ont amusée en revanche !

  • Sunsi

    J’ai également été très déçue par ce dernier livre de Siri Hustvedt, que je me réjouissais de lire pourtant après élégie pour un américain et tout ce que j’amais. Le personnage de Mia m’a également ennuyée et je me suis désinteressée d’elle au fil de ma lecture. J’ai été trompée par les critiques plutôt élogieuses sur lesquelles j’étais tombée dans la presse ici et là !

  • christine

    salut delph! Il y a certes de très bons passages un ton original de la narration avec pas mal d’autodérision et un regard parfois juste sur les situations difficiles. Hélas , cela ne fait pas tout. Alors pourquoi s’ennuie t-on autant? Parce qu’on y croit pas, on a envie d’ouvrir la fenêtre bien grand pour aérer et ces petites histoires de gamines ou de bonnes femmes , chamailleries, secrets brodés,nous agacent tout simplement.Le manque de simplicité de la narratrice qui complique tout, qui saupoudre à tout va de mots poétiques et de réflexions métaphysiques n’aide guère . Parfois nul besoin d’éclairer le feu avec de la lumière….Heureusement c’était pas trop long!!!A plus alors christine R

  • Siri Hustvedt

    Ce n’est pas ton best-seller de l’été! Ni le mien d’ailleurs. C’était ma première lecture de cet auteur et j’avoue que ça ne me laissera sans doute pas un souvenir impérissable. J’ai survolé pas mal de passages pour revenir à l’histoire et la fin, était presque cousue de fil blanc… Heureusement la lecture est quand même agréable, les personnages intéressants et même si tout ne m’a pas captivée, je n’ai quand même pas passé un mauvais moment.

    • delphinesbooks

      J’avais une autre image de cette auteur, un très bon souvenir de lecture et de l’attente face à ce livre qu’on voyait partout, quelle déception…. Enfin contente de l’avoir lu tout de même…

  • Neph

    Je suis ennuyée par cette lecture : comme toi, j’ai aimé l’arrière-plan, mais Mia m’a agacée également. Pas possible qu’elle ne se prenne pas en main plutôt que de nous asséner ses références (qui ne l’aident d’ailleurs en rien !) !

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