Librairie

Les difficiles métiers de la culture : libraire indépendant

Après avoir beaucoup parlé des difficultés de travailler dans les domaines de la lecture publique parce que cela me touchait personnellement, je souhaite évoquer un autre métier & ses difficultés, un métier qui est d’ailleurs mis en lumière actuellement par les médias, le libraire indépendant.

Un projet d’augmentation de la TVA sur les livres passant de 5.5% à 7% est en cours. Les réactions contre ce projet s’enchaînent, le syndicat de la librairie française (SFL) a demandé une réunion en urgence auprès du Ministre. Une pétition lancée par le motif  est par là.

Mais au delà de  cette augmentation, c’est le métier de libraire même qui, et ce, depuis des années, est en difficulté.

La couverture alarmante de Télérama “Et s’il n’y avait plus de libraires”  surfe sur cette vague (et cherche à se faire taper sur les doigts en mettant sur la page suivant la couverture une pub pour le kindle d’amazon…). Si on lit le contenu de l’article et cette réflexion du président du SFL, on réalise que ce n’est pas nouveau.

« La mutation du métier qui se produit actuellement n’est pas la première, poursuit Matthieu de Montchalin. La France a le réseau de librairies le plus dense d’Europe. Il faut attirer l’attention sur les risques que nous courons sans pour autant dramatiser. Les libraires ne cessent de trouver des solutions pour animer le centre-ville. »

En effet, même si bien évidemment la révolution numérique et le changement dans les pratiques culturelles de la population (tout tout de suite)  influent sur la consommation des livres, ce qu’il faut retenir c’est que travailler en librairie indépendante est un combat de tous les jours, en effet, il faut être prêt à travailler beaucoup pour gagner très peu (ça me fait penser à aure chose…) car la réalité du monde tel qu’il est, a été et sera, la culture ne paie pas et ceux qui travaillent dans la culture le font par conviction et non pour s’en mettre pleins les poches.

« Chez nous, un libraire spécialisé en sciences humaines, avec bac + 5 et une formation professionnelle, est payé 1 400 euros par mois », explique Jean-Marie Ozanne qui, patron d’une entreprise de onze personnes, s’octroie le salaire mirobolant de… 2 400 euros.

Et voilà, ces chiffres parlent non ?

Enfin, ce que l’article explique c’est que si justement les gens continuent d’acheter des livres (et ce malgré la crise), ce qui est une bonne chose, et bien ils le font de plus en plus sur des sites comme amazon (11% du marché du livre en 2010) et eux par contre vendent des livres pour s’en mettre pleins les poches…

Il faut donc défendre les librairies indépendantes car Vincent Monadé, directeur du Motif le dit très bien « Défendre la librairie indépendante est plus qu’un choix de société, c’est un choix de civilisation.” 

J’en profite pour rappeler la situation de bibliosurf, la librairie en ligne de Bertrand Strainchamps, qui songe aussi à rendre son tablier…

Article d’actualitté : Le livre, ce n’est pas des cigarettes, si le prix augmente, les gens n’en achètent plus

Bref, achetons des livres mais achetons-les bien, chez des gens qui se battent pour ça !

 

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

13 Comments

  • Asphodèle

    Je plussoie complètement à ce que tu dis bien sûr mais comment rogner les contradictions : la plus grosse que tu cites étant la pub pour la Kindle dans le même Télérama qui s’offusque ! Et j’entends (souvent) que c’est “plus cher” en librairie, ce qui est faux partiellement quand on sait qu’on va y acheter des livres dûment choisis, feuilletés et voire conseillés alors que sur un site, il peut arriver d’avoir des surprises plus les frais de port qui l’un dans l’autre nous font perdre la moitié d’un Poche neuf, je pense que les libraires ont du souci à se faire malgré tout à moyen terme !

  • Lystig

    je vais faire crier…
    je n’ai pas trouvé de libraire indépendant….
    pas de librairie dans mon village, la plus proche de mon travail a fermé (livres jaunis en vitrine, libraire (?) peu amène), une loin, d’autres plus en ville, mais chaque fois, c’est une course : en 3/4h, sortir du travail, prendre le tram, y aller, pas trop traîner dedans, retourner prendre le tram et retourner au travail.
    sinon, une grande surface spécialisée (d’origine anglaise), où je connais qq vendeurs/libraires (d’autres ont changé de magasins), avec qui je papote, on échange nos avis, etc.
    (ah si, il y a une librairie dans une ville pas loin…)
    mais pour cela…. il faut prendre la voiture, trouver où la parquer, etc.

    autre problème : mes pitchouns ! ils aiment aller en librairie, mais au bout d’un moment, ils en ont marre (je “traîne” trop longtemps…)

  • MILLIE

    Je suis libraire et effectivement, je suis très inquiète. Je suis travaille dans une chaîne de librairies, j’ai pas de souci à me faire pour l’instant bien que…Mais mon idéal était qu’à 40 ans, je travaillerai dans une librairie indépendante voire projet fou avoir ma propre librairie. Mes rêves s’envolent mais le combat continue. Une chose est sûre le livre papier ne disparaîtra pas.

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