Littérature française

Quand Jacques Gamblin fait revivre Romain Gary

Jacques Gamblin lit La nuit sera calme, un recueil d’entretiens fictifs (Gary se pose lui-même des questions), publié en 1974, quelques années avant que Gary ne mette fin à ses jours. L’auteur revient ici sur certains évènement de sa vie et dresse une sorte de bilan.

Jacques Gamblin a choisi de lire ce texte, «parce que cette écriture a de la verve. Parce qu’elle a du ventre, de l’engagement et de la force. Et parce que bien sûr elle a du charme et de l’humour, toujours de l’humour derrière la colère

Dans cet entretien engagé tout à la fois politique et intime, Gary nous confie sa vision du monde, une vision humaniste, féministe, juste et profondément utopiste. On le découvre tour à tour émouvant lorsqu’il évoque sa mère, son premier amour, ses souvenirs de guerre ou les femmes en général, et aussi revendicateur, colérique voir même rageur lorsqu’il dénonce l’immobilisme des Nations-Unies ou lorsqu’il analyse le monde politique, avec des idées tellement modernes (la consommation à outrance, la vision uniquement “court-termiste” des politiques) qu’on aimerait tant qu’il soit là pour nous réveiller encore (c’est tellement plus puissant qu’ Indignez-vous…).

Mais surtout, au delà de l’émotion pure, il y a cet humour et cette façon de raconter les histoires qui encore une fois (après La promesse de l’aube au théatre) prend toute sa force en étant jouée (magnifiquement) par Jacques Gamblin. J’ai vraiment cru entendre Gary…

Je suis sortie complètement tourneboulée par ce moment passé en la compagnie de ces 2 hommes, l’émotion au bord des lèvres, avec l’envie de me replonger dans les mots de Gary tout de suite. Un grand merci à Gamblin d’avoir choisi ce texte si fort mais surtout d’avoir su si bien l’interpréter et ainsi rendre hommage à l’homme qu’était Romain Gary et à ses idées.

 
Cette lecture a été faite la première fois aux correspondances de Manosque, un festival que je vis par procuration (par mes parents) depuis des années et auquel, je finirai bien par prendre part un jour…. Et dire que l’avais raté au festival Paris en toute lettres par ma faute…. Erreur rattrapée heureusement !

Jacques Gamblin était à France Inter pour parler de cette pièce et d’une autre dans laquelle il jour actuellement au théâtre du rond point. Vous pouvez réécouter l’émission de Pascale Clark ici, il y lit certains extraits de La nuit sera calme.

Je n’ai plus qu’un mot : allez le voir, c’est jusqu’au 17 décembre au 104. Miss Bouquin a été le voir aussi, elle en parle ici, très bien !

 

– Tous les lecteurs de La promesses de l’aube savent que tu as été élevé par une mère exceptionnelle…
– Elle est devenue “exceptionnelle” parce que La promesse de l’aube l’a tirée de l’oubli dans lequel tombent toutes les mères et l’a “portée à la connaissance du public”. Il y a des quantités de mères “extraordinaires” qui se perdent parce que leur fils n’ont pas pu écrire La promesse de l’aube, c’est tout. La nuit des temps est pleine de mères admirables, inconnues, ignorées, entièrement inconscientes de leur grandeur, comme le fut ma mère.

– Tu as été heureux ?
– Non… Si. Je ne sais pas. Entre les gouttes.

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

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