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Peut-on TROP lire ?

Une question que je me pose, après avoir discuté avec une amie avec laquelle j’ai monté il y a longtemps mon premier club de lecture. Elle m’annonçait – honteusement –  avoir très peu lu en 2011 – avec un boulot très prenant, un enfant de même pas 2 ans et un autre qui arrive -, mais avoir lu du bon, et même du très bon !

Je l’ai enviée, presque.

Oui, parce que j’ai lu 94 livres en 2011 (incluant BD et manga), mais que paradoxalement j’ai eu le sentiment que j’avais lu peu de bons livres. Non, plus exactement, j’ai lu de bons livres mais assez peu sur l’ensemble. Mais surtout je n’ai pas ressenti d’onde de choc. Ou trop peu.

Alors il y a le fait qu’en 2011, j’ai repris une formation en cours du soir, eu des stages en journée et préparé différents concours. Et puis ce blog, qui prend un temps fou et où on se sent obligé parfois, malgré soi, de rendre compte de ses lectures (et donc de “rendre des comptes” d’une certaine façon).

Et ce futur métier de bibliothécaire où transmettre le goût de lire est au coeur. Je me dis donc que je me suis forcée à lire et que j’ai trop lu, que je n’ai pas su apprécier ces moments. J’ai voulu “rentabiliser” mes lectures, un mot que je déteste. Ca a gâché mon enthousiasme, ma liberté de découverte. C’est d’ailleurs pour cela qu’en 2012, pas de lectures communes, pas de challenges. Rien.

Je sais d’ailleurs que je ne pourrai pas être béta-lectrice ou travailler dans l’édition car j’aime lire avec le coeur, avec l’âme, avec les tripes, je n’aime pas lire avec la raison.

Voilà quelques livres qui ont rejoint ma bibliothèque récemment, de bons livres, mais voilà, je ne sais vers lequel aller, lequel m’apportera un ailleurs… Pour sortir de ma panne de lecture.

Et je ne parle même pas de la soixantaine de livres qui a rejoint mon kobo et qui me paralysent, trop à lire….


 

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

28 Comments

  • Diabazo

    Très bel article… La qualité de lecture a toujours été plus importante que la quantité pour moi et j’ai l’impression que la petite lectrice qui vit en moi a sa volonté propre, ingérable. Tantôt je dévore 5 livres à la fois, tantôt je ne peux pas me concentrer sur un seul. Du coup, je m’écoute beaucoup et me laisse entièrement porter par mes envies et ça fait du bien. Je te souhaite de retrouver ça en 2012, tu ne parleras que mieux des livres qui te plaisent !

    • delphinesbooks

      Oui la qualité est importante, primordiale, mais justement j’ai l’impression d’avoir lu de la qualité, mais de ne pas su l’apprécier…

  • George

    c’est étrange parfois comme les préoccupations se rejoignent. Sous la photo de mon profil FB, un abonné a laissé un message : “la femme qui lisait trop” faisant réf. à un roman ! Et cette remarque m’a fait cogiter donc c’est marrant de retrouver cette question sur ton blog ! le “trop” suggère “mal”, c’est aussi ce qui me dérange ! comme on dit qu’on mange “trop” donc “mal”. Je crois que c’est illusoire de penser qu’on ne peut lire que des bons livres, et je pense aussi que les mauvais livres ou les moins bons nous permettent de mieux apprécier les autres. Me concernant, je n’ai pas l’impression de trop lire, mais plutôt de ne pas lire assez, et autant que je le souhaiterais.

    • delphinesbooks

      Oui, c’est peut-être plutôt cette impression que de lire mal… Mais je me dis aussi qu’à trop vouloir tout lire, on lit mal, on n’apprécie plus certains livres à leur juste valeur. Mais c’est mon éternelle frustration, car tout comme tout comme toi, j’aimerais lire encore plus.

  • valou

    Les difficultés de lecture peuvent arriver à n’importe quel moment, je ne pense pas qu’il y ait un rapport avec le fait que ces lectures ne soient pas excellentes… ton nouveau boulot peut être comme le mien…accaparant, et donc par conséquent le livre que je lis doit être excellent car je n’ai plus beaucoup de temps et je ne veux pas en perdre avec un livre qui ne me satisfait pas …tu vois ce que je veux dire ? ce n’est pas le manque de bons livres qui me freine un peu, c’est le manque de temps qui me pousse à faire des sacrés choix pour pouvoir lire, mais lire bien…je pense que les lectures communes ne vont plus être ma priorité à présent…sauf celles qui me font l’envie dans l’immédiat, plus avec deux mois d’avance…

    • delphinesbooks

      Oui, il faut savoir bien choisir, mais ce n’est pas toujours facile. A tel point qu’aujourd’hui, je ne sais même pas ce que j’ai envie de lire…

  • patacaisse

    C’était un sentiment que j’avais eu en 2010 avec tout les challenges que je m’étais imposée. Entre le challenge ABC, les classiques, etc. Il y avait de quoi avoir la nausée. J’étais contente car pour la peine, je me suis forgée une culture “de base” que je n’avais pas acquise avec les études mais pour le coup, je suis arrivée en 2011 sans envie. Et là, j’ai découvert qu’au fond de moi, en même temps que quitter l’hôpital (mon travail), et bien j’avais envie de prendre soin de moi et de lire que des choses positives…. Et je suis tombée dans la romance historique. Aucun regret car ça me fait du bien comme un bon massage et/ou un bon gâteau au chocolat et ça me permet de lire d’autres livres entre deux. Sans me sentir obligée. Tout un sport et je dirai que les lectures, c’est comme notre vie, ça évolue tout le temps. Allez, j’arrête là ;-) Excuse moi pour cette loggorrhée bloggesque.

    • delphinesbooks

      J’excuse carrément ta logorrhée bloguesque, au contraire, je trouve ça intéressant de voir que ma question soulève des réactions ! Oui parfois on lit jusqu’à s’écoeurer !

  • Marianne

    Fais une pause et ne te sens pas obligée de lire à tout prix ou de faire un billet sur tout ce que tu lis. Il faut laisser le temps au désir de renaître… J’ai été une boulimique de lecture à une période et aujourd’hui je revendique d’être plus dans une attitude de gourmet ! Et puis, il y a aussi une vie à côté de la lecture (professionnelle, familiale, sentimentale, etc.)

  • nathalie

    Il faut d’abord avoir envie c’est la clef et une fois qu’on l’a dit, on est bien avancé, je sais. Peut-être repérer quelques lectures “doudou” où se réfugier en période de fatigue, cafard ou lassitude. Comme après les fêtes et le réveillon, où on se régale d’un rien. Pour moi (surprise) c’est Proust qui me remet les pendules à l’heure mais la poésie joue un peu ce rôle aussi. Lire un ou deux poèmes le soir, il n’y a pas besoin de suivre comme pour un roman et ça fait quand même son effet. Mais ces questions sont les plus intéressantes quand on est fan de lecture…

  • Laeti

    la quantité de livres lus est aussi en fonction de notre état du moment, si tu es fatiguée, fort occupée, stressée. Du coup, tu ne profites pas vraiment de tes lectures. D’autre part, si tu es contente de lire, que tu as envie de te plonger dans ces romans, il n’y a pas de raison de ralentir ce rythme effréné de lecture. C’est le même pour tout, et je prends l’exemple du sport, plus tu en fais et plus tu prends des risques de te lasser. Il existe peut-être un juste milieu pour tout? En tout cas, je t’envie de lire autant car moi, je lis très très lentement! tu nous parleras de ces nouveaux bouquins? :-)

  • missbouquinaix

    Ton article rejoins une question que je me pose depuis un petit moment et qui a ressurgi à la fin de cette année, quand j’ai fait mon bilan lecture : 160 livres lus. Et là, j’ai pris peur. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir lu autant et pourtant le bilan est là. Et comme toi, j’ai le sentiment que lire trop c’est lire mal. Surtout que dans tout ceux, je n’ai vraiment eu de coups de cœur qu’avec une dizaine de titres. Mais globalement mon année a été riche, remplie de petits ou gros romans, qui certes ne m’ont pas tous marqué de la même façon mais m’ont apporté quelque chose. Il est difficile de ralentir délibérement le rythme de lecture. Du coup j’essaye de jouer sur l’espacement entre chaque livre : je n’attaque jamais un nouveau livre le même jour où je viens d’en finir un. Et surtout j’ai décidé que je ne lirai plus de romans le soir, je les garde pour les transports : le soir ce sera essais, magazines et autres que je ne prends jamais le temps de lire. C’est ma méthode en tout cas …
    Et je comprends aussi que le Kobo n’a pas dû améliorer les choses. En tant que lectrices curieuses, on aura toujours des centaines de livres qu’on veut lire. Il faut savoir se limiter. et dire qu’on aura le temps de les découvrir plus tard.
    (désolée pour ce long message mais ton article m’a fait réfléchir …)

    • delphinesbooks

      Au contraire, j’apprécie ton message long, et de voir que ma question est partagée. Il faut que j’apprenne, je pense à ralentir le rythme pour ma part.

      • neferet

        Peut-on lire trop ? le sujet m’a interpellée. Pour ma part j’applique les principes de Pennac afin de ne plus culpabiliser sur mes lectures aléatoires.
        je m’explique, quand on est boulimique de lecture on a envie de lire tout ce qui nous tombe sous la main, mais il faut bien dire que lorsqu’on n’accroche pas à un bouquin même s’il a de supers critiques sur différents sites, d’abord je me posais des questions, je me disais que je devais le finir. Maintenant je ne me force plus, car c’est important ces moments de lectures plaisirs qui nous permettent d’échapper à cette vie de course incessante. Alors quand je n’accroche pas, j’arrête le livre et j’en commence à autre. On a aussi des période où rien ne fait envie, mais je me suis rendue compte que ces périodes étaient dues à de trop grosses fatigues et grosses contrariétés au travail. Dans ce cas, je picore et j’attends l’inspiration et zou c’est repartit. Juste un avis d’une lectrice boulimique mais qui prends le droit de ne pas finir un livre pour passer à un autre qui va plus me parler.

  • Roseau

    Bonjour,
    ton billet m’a interpellée car c’est une question que je me pose souvent au vu des blogs lecture, j’en discutais d’ailleurs avec ma fille, elle aussi blogueuse et lectrice de blogs, hier ; j’apprécie ces blogs pour les critiques et les partages qu’ils nous offrent, vraiment ; mais pour moi la PAL, le challenge, me paraît A TITRE PERSONNEL (j’insiste!) peu compatible avec la liberté, les caprices joyeux de la lecture, et c’est une démarche que je ne comprends pas du tout ; j’ai énormément lu, très jeune, une véritable boulimique, au sens fort ; à la fac aussi, jusqu’à l’Agreg de Lettres ; mais j’aimais tout ce que je lisais, et ne m’imposais rien, cela allait de soi ; et je m’aperçois, en vieillissant, que je lis de moins en moins… parce que j’ai déjà lu les classiques qui m’attiraient et que, mon expérience de lectrice aiguisant mon regard, je suis de plus en plus critique par rapport aux nouvelles sorties; et je suis INCAPABLE de lire un livre que je n’aime pas, ou que “j’aime bien”, sans plus ; la lecture doit être passionnée ; je souffre dans mon travail de prof de lettres d’imposer la lecture d’ailleurs, j’essaie de proposer des choses “inspirantes” ; bref, je préfère lire “bien”, du “bon” ; si c’est beaucoup, quel bonheur! Si le filon se raréfie, je préfère attendre la pépite (et relire mes livres les plus chéris!)… Je sais gré aux blogs de lecteurs/ lectrices de m’offrir leurs propres trésors… mais pas des listes qui ressemblent à des devoirs à faire.

    • delphinesbooks

      Pour ma part, il y a encore de très nombreux auteurs plus ou moins classiques que je n’ai pas lu, je lis au final assez peu d’auteurs contemporains, mais justement lire des “classiques” demande une concentration que je trouve moins facilement qu’avant. Avant de relire ces livres, il y a tant à découvrir, c’est ça qui est difficile !

  • powings

    Par rapport à toi, je lis très doucement, ce qui fait je ne lis pas assez à mon gout mais je ne compte pas me forcer alors je me dis que c’est mon rythme un point c’est tout.
    La je n’ai pas le gout de lire,mais je ne me force pas à commencer un livre absolument, ce serait du gachi (bien que le tome 1 du millenium est sur mon chevet depuis 1 ou 2 semaines -_- )

  • Violette

    Pour ma part la problématique est plutôt inverse… Quand je vois le rythme que vous avez toutes au Club je me sens loin derrière… Je tourne à trois bouquins par mois grand maximum, et suis souvent frustrée de ne pas lire davantage (et en même temps un peu paralysée par ma table de chevet, mais si elle est vide je trouve ça triste…. argh!). Mais le soir je m’endors et mes temps de transport sont trop courts pour me permettre de me concentrer (c’est pour ça que j’adore le tgv!).
    Du coup je m’interdis de passer en librairie tant que je n’ai pas avancé un minimum!

  • Asphodèle

    Tu connais ma devise qui est empruntée à Hubert Nyssen ? “Bien lire, …” Elle se vérifie pour toi aujourd’hui… Outre le fait que je sois de plus en plus convaincue que la qualité d’un livre se mesure à notre disponibilité intellectuelle du moment (ne pas décrocher quand on est surchargé à côté est plutôt bon signe !), je mets mes lectures à venir en compétition : j’en commence deux ou trois et celui que je ne peux lâcher a gagné, en général il est bon ! Ce qui ne signifie pas forcément que les autres soient mauvais mais, je vais là où j’accroche de suite ! Quand on accroche à RIEN, eh bien, laisse le temps passer, ne te focalise pas et ne t’oblige surtout pas. On ne lit jamais trop quand on aime, c’est le dosage des ingrédients qui fait une bonne recette ! Dans les trois que tu proposes, instinctivement j’irais vers le Gary mais pourquoi ne pas commencer les trois et tu verras lequel tu as envie de poursuivre ? C’était juste une suggestion…

    • delphinesbooks

      Voilà une idée qu’elle est bonne ! De tenter les 3. Mais je dois avouer que j’ai commencé le Gary et qu’il n’a pas du m’emmener pour le moment. Je vais tenter les autres mais je vais déjà finir le Duras pour le club des lectrices !

  • enna

    De mon côté, je sais que je me permets beaucoup plus facilement d’abandonner un livre quand je ne suis pas vraiment bien dedans pour éviter les déceptions,la sensation d’avoir perdu mon temps. J’ai l’impression que je choisis mieux mes lectures qu’il y a quelques années, sans doute par ma fréquentation de quelques blogs dont je me sens assez proches. Alors du coup j’ai l’impression d’avoir lu pas mal de belles lectures cette année. Par contre, je me suis fait la remarque l’autre jour au moment de devoir choisir ma prochaine lecture : j’ai trop de choix, il y a trop de choses qui me font envie … et encore, je n’ai pas une PAL monstrueuse comme certaines ;-)

  • Marianne

    Si tu veux lire de la poésie, je te conseille Sylvia Plath que je suis en train de lire en ce moment. Je pense aussi que la forme courte (poésie, nouvelles) peut-être un bon moyen de respirer entre deux romans. Comme toi je ne relis pas et ne suis pas adepte de la lecture doudou : je pense que la bonne littérature dérange au contraire le lecteur, le bouscule un peu (ou beaucoup) dans ses certitudes. Il me semble aussi qu’il ne faut pas avoir trop de scrupules à abandonner un livre au bout de quelques pages : on a le droit à l’erreur aussi en tant que lecteur… Club de lecture, blog et partenariat en tout genre ont l’inconvénient qu’on se sent obligé parce qu’on s’est engagé à lire un livre en entier et en élaborer un discours dessus.

  • Anne-Laure

    En ce qui me concerne, je suis aussi terriblement frustrée quand je suis en panne. Mais bien souvent, ce n’est pas une “indigestion” qui provoque ça. C’est plutôt une lecture décevante ou trop difficile qui prend trop de temps. J’ai souvent l’impression que c’est une histoire de timing. Le mauvais livre au mauvais moment. Pour relancer la machine, en général, je vise un auteur dont je sais qu’il ne me décevra pas (Lodge, Auster par exemple). Et puis j’attends patiemment, car le gros coup de coeur fini toujours par arriver !

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