Littérature israelienne

Une femme fuyant l’annonce – David Grossman

J’ai eu envie de lire ce livre après avoir lu des avis très enthousiastes dans la presse, ce livre d’ailleurs a été considéré comme l’un des meilleurs de 2011, alors qu’il a été très peu relayé sur les blogs, alors quand Julie et Blanche l’ont proposé pour le club de lectyre PLEA, je n’ai plus hésité. Julie l’avait lu et en parlait avec beaucoup d’enthousiasme .

Pourtant, dès le début de ma lecture, j’ai lutté, il faut dire la scène du début est très perturbante, on se retrouve dans un hopital, en Israel, avec 3 enfants/adolescents, Ora, Avram et Ilan. Nous sommes alors en 1967.

Par la suite, on suit Ora, des années plus tard alors que son fils cadet revenu de son service militaire s’engage dans une action militaire dangereuse. Son mari Ilan l’a quittée est est parti en voyage en Amérique du Sud avec leur premier enfant, Adam. Elle décide alors de partir faire la randonnée initialement prévue avec son fils cadet Ofer, avec son ancien amant Avram, un être traumatisé par la guerre et la torture. Elle s’abstrait ainsi du monde et des messagers porteurs de la mort de son fils, elle tente ainsi de le protéger et de se protéger.

Elle emmène Avram de force avec elle et commence à se livrer à une logorrhée où elle lui raconte tout sur son fils, sa famille, son couple. On comprend assez vite que Ofer est le fils d’Avram, mais qu’il a été adopté par Ilan et que son père biologique a toujours refusé de voir son fils.

Ce qui m’a gênée

Je n’ai pas su m’attacher à cette héroïne, Ora. Parce qu’elle apparait d’entrée de jeu comme une personnalité difficile, hystérique, malade. A force de parler sans fin et surtout de raconter de façon extrêmement précise des dialogues entiers arrivés parfois 20 ans auparavant, j’ai décroché de ce récit, que je me suis forcée à terminer en espérant que j’arriverai à m’attacher à cette femme débordante de trop d’amour pour ses enfants et qui subit sa vie.

Mais il y a aussi le fait que c’est une histoire très difficile, oppressante, la majeure partie du livre (qui fait près de 700 pages) étant un huis-clos entre Avram et Ora. En ça, je pense que l’auteur a très bien su faire transparaitre les tensions et la violence latente de son pays.

Il me semble, et encore plus après les discussions autour de cette oeuvre lors du club de lecture PLEA (voir le compte rendu) que je suis passée à côté de ce livre et de sa puissance d’évocation. Il faut dire que je connais mal ce conflit, ce pays et puis je me suis dit aussi que peut-être pour comprendre cette femme, il faut être mère soi-même.

Car au fond, tout réside en cela et la dernière page du roman où Grossman intervient vient jeter un éclairage encore plus fort. En effet, l’auteur a commencé l’écriture de ce texte alors que son fils était lui-même militaire, il lui a raconté ce livre pendant le processus d’écriture, pour le protéger. Mais son fils, lui, au contraire d’Ofer est mort. Grossman a tout de même terminé son texte, comme un travail de deuil.

Je pense donc que c’est un texte éminemment puissant et complexe, pleins de richesses et d’interprétations. Mais que j’ai trouvé trop lourd, dans tous les sens du terme, pour vraiment l’apprécier à sa juste valeur.

 

 

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

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