brève

L’innommable

Je me suis demandée si j’allais publier un billet aussi intime & impudique. A moi, ça m’a semblé juste.

Il n’y a pas de mot pour dire ce que j’ai vécu, ni pour nommer celle que je suis devenue avec cette épreuve. Quand on porte un enfant, on devient mère, quand on nous enlève un enfant avant qu’il ne naisse car il n’aurait pu vivre, on n’est rien.

Pour cela, j’ai eu besoin de trouver des témoignages pour tenter de mettre des mots et tenter de comprendre l’inacceptable.

Je voudrai ici rendre hommages à toutes les femmes qui ont vécu ces drames, à celles qui ont su me soutenir malgré leur histoire personnelle, à celles qui ont partagé leur souffrance avec leur mots et qui m’ont énormément apportée, à celles et ceux (car les hommes aussi souffrent) qui se sont battus et grâce auxquels, la loi et l’encadrement de ces situations ont énormément changé ces dernières années. Je voudrai aussi rendre hommage aux sages femmes qui se sont occupées de moi et qui ont su mettre des mots sur une telle violence et une telle douleur.

Par ce message, je voudrai aussi dire merci. Merci à ceux qui ont su me témoigner de leur soutien, de leur amitié, de leur pensées.  Les amis de toujours mais aussi les amis virtuels.

Certains n’ont su pas quoi dire mais ils l’ont dit, certains se sont sentis maladroit et certains l’ont vraiment été, mais ils ont été là, à mes côtés face à l’indicible et l’inacceptable.

Et parce que face à ça, on se sent terriblement seul et qu’on a besoin de cette présence, de ces mots, de ces pensées. Parce qu’ils nous sont juste essentiels. Parce qu’ils nous ramènent vers la vie.

Je ne suis aujourd’hui plus la même et même si je ne peux pas nommer celle que je suis, je sais que la trop courte existence que j’ai porté m’a transformée à jamais.

C’est à cette trop courte existence que je rends hommage ici.

Pour elle.

 

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.