Littérature française

La survivance – Claudie Hunzinger

Après Elles vivaient d’espoir, encore une fois Claudie Hunzinger a su me charmer avec son écriture.

Voici un si beau livre. Un livre qui porte, qui emmène loin. Si original, si différent.

C’est l’histoire d’un couple, d’un amour et d’une vie.

Un couple de libraires, Jenny et Sils, est obligé de renoncer à son commerce (faillite) et à son logement et se retrouve à vivre dans une maison qui ressemble à tout sauf à une maison (plutôt un chalet de montagne brinquebalent, avec le toit troué et aucune installation électrique ou sanitaire) et ce dans les montagnes vosgiennes où le climat semble si différent de ce qu’on peut connaitre en plaine. Et alors qu’ils ont 60 ans.

C’est l’histoire d’un couple qui expérimente une vie d’ermite, entourés de livres et de littérature et qui redécouvre la nature, avec ses aspects positifs et négatifs (l’hiver hyper rude où il fait parfois moins 25 degrés, le manque de nourriture et de confort, etc).

Ils redécouvrent les joies d’un quotidien simple, à lire ou relire beaucoup, à observer la nature (les cerfs avoisinants), à faire pousser un potager (l’une des passions de Jenny), à créer des couleurs (la passion de Sils) mais ils subissent aussi le climat et l’angoisse de cette vie choisie mais aussi subie.

Tout est paradoxe dans ce livre, on sent que c’est par amour pour la Liberté qu’ils ont décidé de vivre ainsi (comme ils l’avaient déjà expérimenté il y a 40 ans avant de retourner “dans la vie”) mais qu’ils subissent aussi les conditions si difficiles dans lesquelles ils vivent (la peur de la maladie, la peur “de retrouver la civilisation”, l’angoisse de ne plus avoir assez à manger…).

C’est un livre habité. Habité de Littérature, truffé de références, Jenny et Sils vivent par et pour les livres et certains auteurs accompagnent leurs jours et leurs nuits. C’est aussi un livre qui replace l’homme dans la Nature.

C’est un livre qui plaira forcément à ceux qui aiment la Littérature, les livres. C’est aussi un livre qui parlera à ceux qui imaginent une vie différente, hors du temps et du monde, à ceux qui croient à la décroissance. Ici, cette “utopie” n’est en rien idéalisée mais les mots de l’auteur donnent néanmoins envie de continuer à se battre pour ses convictions (oui une autre vie est possible, hors du consumérisme et du court-termiste que le monde d’aujourd’hui nous impose).  C’est donc aussi un livre engagé.

J’ai corné un nombre incalculable de pages tant l’écriture de Claudie Hunzinger m’a emportée. Il y a un vrai souffle dans ce livre.

Souvent on descend faire la tournée des librairies. On s’appelle l’un l’autre, on chuchote, on se montre nos prises. (…) Le contact de certains livres suffit à vous enflammer. On devine qu’ils contiennent la foudre. On les embarque comme du danger.

Oui, nous aurions pu étouffer, mais la littérature, comme les plafonds de Venise (ou de Manosque), est un puissant ciel d’évasion. Quelquefois à travers le plancher, j’entendais Sils rire tout seul. Un mètre de neige dehors, et Sils s’était échappé !

J’avais été déjà très émue par son précédent livre, Elles vivaient d’espoir et je dois dire que je n’ai pas été déçue bien au contraire par ce livre. Il est rare que je me sente autant “concernée” par un livre, un style, un auteur.

Une belle rencontre qui se confirme donc.

L’avis de Clara

Pour en savoir plus sur Claudie Hunzinger

Merci aux éditions Grasset pour l’envoi de ce livre.

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

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