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Lire autrement

Quand je m’interroge sur mes pratiques de lecture…Sur cette photo se cache un livre lu !

Je vois tous ces parents qui continuent de lire, de tenir des blogs de lecture même, je m’interroge et je me sens nulle surtout. Parce que c’est un fait, depuis que je suis mère,  je ne lis (presque) plus. Je continue de lire mais je rencontre de longues périodes sans lecture (où ça ne me manque pas), des périodes de fatigue extrême, des périodes où je suis trop préoccupée pour lire. Je commence nombre de livres que j’abandonne, parce que je n’arrive pas à rentrer dedans, parce que je lis très peu de pages à la fois et que ça complique pour arriver à lire des romans un peu longs, parce que je suis incapable de lire des textes un peu denses ou compliqués.

Et j’accumule les frustrations. Parce qu’en tant que bibliothécaire, je vois passer tous les jours des livres que j’ai envie de lire (mais vraiment), d’ailleurs je les emprunte et je les rends sans les avoir même ouverts…

Alors, ce serait faux de dire que je ne lis plus, mais je ne lis plus comme avant et autrement.

Ce que j’aimais avant par dessus tout, c’était pouvoir me glisser sous la couette l’après midi et lire un gros pavé des heures durant. Aujourd’hui, je ne peux plus faire ça ou les rares fois où je peux m’octroyer un moment de lecture l’après midi pendant la sieste de mon fils, je m’endors lamentablement aussi…

Et le soir, je tombe de fatigue, je ne suis bonne qu’à lire quelques pages ou une BD et puis j’ai toujours détesté lire à la lumière électrique (et la vieillerie aidant, c’est encore pire qu’avant).

Donc j’ai compris qu’il fallait accepter, que c’était sûrement une (longue) période à passer (qui dure trop à mon goût), que j’avais déjà eu la chance de lire de très beaux textes dans ma vie. Et plutôt que ruminer et ne rien lire du tout (la frustration, ça peut être bloquant), parce que ça me manque atrocement, j’ai décidé de lire autre chose, autrement et d’en profiter même pour élargir mes horizons. Parce qu’en plus, c’est bien possible que je ne puisse plus jamais relire comme avant (ma tête est trop remplie de préoccupations et avec un enfant, je crois que j’ai pris perpète pour les angoisses..)

Donc je choisis mieux mes lectures, je suis plus honnête et je ne prends pas des livres que je ne vais pas lire, j’ai arrêté mon club de lecture, je me force beaucoup moins et au final  je dévore des BDs (et j’adore ça), je découvre tous les jours des albums jeunesse magnifique et de très beaux univers/auteurs, je lis des nouvelles, des textes courts que je parviens à lire assez vite et qui m’enlèvent un peu de frustration. Je lis aussi plus de romans français contemporains qu’avant. Je parle de mes lectures ici si j’en ai ai envie. Et puis je lis tous les jours, à mon fils.

Et au final, quand je fais le bilan, je me dis que même si j’ai toujours l’impression de ne rien lire (par rapport à avant), je me rends compte que j’ai renoué un peu avec la lecture cette année en acceptant de lire “autrement” et j’en suis très heureuse car la book addict que je suis commençait vraiment à être en manque…

Et le pire dans tout ça ? Je crois que je n’ai jamais acheté autant de livres !

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Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

16 Comments

  • Madame

    Je crois que c’est normal, après mon premier j’ai recommencé à lire des “vrais” romans, des classiques lorsqu’il est entré à l’école, j’ai arrêté avec la naissance de la petite. Je lis toujours, beaucoup, énormément de jeunesse, de romans pour adolescents que je partage avec mes élèves ♥ Je ne me mets aucune pression, les livres me retrouvent toujours.

  • Petite G

    Je te comprends bien, je continue à emprunter des livres et des BD au même rythme qu’avant (comprendre: avant d’avoir des enfants !) etje dois en rendre moi aussi sans les avoir ouverts… Les librairies et vide -greniers sont d’affreux lieux de perdition pour moi et si j’ai ralenti mes achats ce n’est que parce que nos bibliothèques menacent de s’effondrer :) J’ai appris à me satisfaire de ne lire que 2-3 livres par mois, en plus de quelques BD quand même, alors que j’en lmisais plutôt 3-4 par semaine… c’est une frustation face à tout ce qui me fait envie mais bon, on ne peut pas être sur tous les fronts ! je devrais aussi réduire mon temps sur les blogs et pinterest, mais ça me délasse incroyablement après une journée de labeur et de stress ;) Ce qui compense, ce sont les livres audio: j’ai pas mal de temps de trajet pour aller bosser, mais je ne m’agace plus dans les bouchons : je lis !

    • delphinesbooks

      Moi aussi je passe beaucoup trop de temps sur internet mais comme toi, ça me fait du bien et c’est bien ce qui compte ! Par contre je n’ai pas de temps de trajet (je ne m’en plains pas hein !) et j’ai toujours du du mal avec les livres audio, mais je devrai tenter au boulot tiens !

  • Charlotte

    Comme je me retrouve dans ce que tu dis et dans les commentaires. Je comprends ta frustration, ta fatigue et tout ce que tu traverses. Et pourtant, un jour ils partiront de la maison et ce sera encore une vie à amadouer.

  • Aline Allein

    En tout cas, ne rends pas celui d’Annie Ernaux, que j’aperçois en haut de ta pile, sans l’avoir lu ;) Je me retrouve également dans tes lignes, parfois j’ai les yeux plus gros que le ventre et je quitte la bib avec une quinzaine de romans à lire. Avant, j’y arrivais, pourtant !.. Ça reviendra après le concours, j’en suis sûre, et puis la litté jeunesse et ses trésors, ça compense aussi.

    • delphinesbooks

      Oh je l’ai lu celui là (il rentrait bien dans mes critères). Le concours est passé (c’était un examen professionnel que j’ai réussi) et je relis un peu depuis (j’ai enchaîné 2 romans, yahouh)

  • Kaeru

    J’aime la façon dont tu parles de ce changement, en expliquant les choses nouvelles que tu découvres.

    J’ai commencé à moins lire quand j’ai plus écrit. Durant quelques années, alors que l’écriture est devenue de plus en plus importante dans ma vie, ma cadence de lecture a baissé et surtout, j’ai lu plus en anglais. J’avais tellement peur de m’inspirer ou pire copier les textes que je lisais que je me suis coupée des livres.

    Et puis, un jour, j’ai eu comme un déclic. Peut-être est-ce la satisfaction d’avoir achevée un premier manuscrit et d’avoir passé le cap de le faire lire et corriger.

    Je ne crains plus que mes lectures me décourage dans l’écriture ou qu’elles “déforment” mon style, qu’elles l’influencent. Quand j’écris, je suis moi. Et ce moi là a besoin des mots des autres pour continuer de grandir. Alors, je recommence à lire beaucoup.

    Là, je viens de m’abonner à un service de lecture illimité sur ma liseuse. Car non seulement je relis mais je multiplie aussi les sources (papier, numérique…). La seule chose que j’ai encore mis de coté sont les mangas dont je me suis détournée après Fukushima.

    Je crois que notre rapport à la lecture raconte à sa manière beaucoup de chose intime sur nos vies, celles que nous devenons.

    Cela rend ton article encore plus fascinant !

    • delphinesbooks

      Oh oui c’est très vrai et juste ce que tu dis, ce et comment nous lisons reflètent beaucoup ce que nous sommes ! Moi j’ai aussi besoin des mots et des images des autres pour m’aider à grandir. Ca me manque de ne pas pouvoir m’y consacrer davantage mais je sais que les livres sont toujours là, tout près. Quelle chance !
      C’est quoi cet abonnement dur liseuse ?

  • Maman Voyage

    Tout pareil ici ! Je lis très peu depuis que je suis maman alors que j’étais capable de lire 6 livres par semaines ! Par contre, je trouve encore le temps en voyage quand les enfants font la sieste par exemple donc j’espère lire quelques livres pendant notre tour du Monde !

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