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Un rêve de famille idéale

J’ai toujours imaginé ma vie avec des enfants, pleins, une maison remplie de rires, de bruits, de chamailleries. Avoir un enfant unique m’a toujours fait peur, j’ai une grande soeur et j’ai toujours considéré cela comme une chance. J’ai autour de moi des amis enfant unique qui ont souffert de ça. Je vois autour de moi des enfants uniques devoir s’occuper de leur parents malade ou vieillissant et je trouve ça tellement dur d’être seul pour gérer cela. Je me suis toujours imaginer l’enfant unique le réceptacle de trop d’amour et de pressions parentales. Et il y a pleins d’autres peurs enfouies.

J’ai très vite compris qu’avoir des enfants serait compliqué pour moi, même si lors des problèmes rencontrés à l’époque on me rassurait en me disant que cela n’aurait pas d’implication. Je crois qu’au fond de moi, je le savais. Hier, on m’a dit et ce pour la première fois que oui, cela a peut-être eu un impact sur ma fertilité, je crois que ça m’a soulagée de l’entendre.

Parce que c’est ainsi, j’ai mis beaucoup de temps à trouver la personne avec laquelle créer une famille. Et ensuite les épreuves ont commencé, avec au milieu un beau garçon qui fait mon plus grand bonheur. Mon enfant miracle.

Capture

Aujourd’hui,  même si j’espère encore agrandir ma famille que je sens tellement “incomplète”, l’espoir s’amenuise (je vais avoir 42 ans et les 3 épreuves rapprochées que je viens de vivre m’ont profondément marquée, sans parler de “l’avant”). Je me sens très seule face à mon entourage qui n’a pas de mots. Parce qu’on a beau tenter de minimiser, mon coeur et mon corps sont trop remplis de peine.

Le chemin vers l’acceptation est en marche. (Poser ces mots ici en fait partie)

Extrait de Bon rétablissement de Marie-Sabine Roger

A la première fausse couche, je lui ai dit pour la consoler :
– Ce sera pour la prochaine fois.
A la seconde, je n’ai pa su quoi lui dire. Je l’ai écoutée pleurer dans la salle de bains, plusieurs soirs d’affilée, sans oser aller lui parler de peur de ne pas trouver les mots appropriés. 
J’aurais mieux fait, quitte à dire une connerie. Une maladresse qui vient du coeur se pardonne plus volontiers qu’un silence confortable. “

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

19 Comments

  • Margarida

    Coucou,

    Je suis sûre que je n’ai pas non plus les bons mots mais si cela peut te servir je vais seulement te dire que je suis enfant unique et très heureuse très épanouie. J’ai 36 ans. J’ai eu ma fille à presque 34 (parce que moi aussi j’ai rencontré mon homme plutôt tard, à 30 ans) et le triangle qui se forme père-mère-enfant quand on est fils unique c’est aussi une très belle forme familiale. Je suis très très proche de mes parents (je les considère aussi mes amis) même si loin physiquement. Quand je pense au fait que ma fille pourrait aussi être fille unique et bien, cela ne me gêne aucunement.
    Tu as peut-être raison sur un point, c’est dur d’être enfant unique et gérer la vieillesse des parents seul mais on trouve toujours des solutions (c’est ce que je me dis) et l’amour et les liens sont tellement forts qu’on peut “surmonter” plein d’obstacles.

    Je voulais juste témoigner et glisser ces quelques mots qui peut-être te serviront à rien … Je comprends ton désarroi et ta tristesse mais accrochons-nous aux sourires de nos petits bouts de choux (qui grandissent déjà :-)!!)

    Très très belle journée Delphine,

    • delphinesbooks

      Oh mais si tes mots me font du bien (merci !), parce qu’il faut que j’apprenne à voir ma famille de façon positive, que je fasse le deuil de cet autre enfant pour avancer et ne pas rester dans la tristesse et faire subir ça à mon fils, parce qu’il faut inventer encore et toujours les moyens de dépasser les peines et d’être heureux !

  • Kaeru

    Quel courage de t’exprimer ici.

    Moi, je suis enfant unique. Ma mère m’a eu à 40 ans, l’age que j’ai aujourd’hui. A l’époque, elle était une exception et s’est pris les commentaires désobligeants et les railleries des médecins (sachant qu’elle était elle-même infirmière).

    A chaque fois que je vois ma mère, qui vit à l’autre bout de la France, je suis reconnaissante d’être née. Je la regarde, et je songe, à son âge, j’aimerai avoir son énergie et sa curiosité.

    J’ai toujours été une enfant sauvage. Je regardais les autres du quartier et leur fratrie, intriguée mais jamais envieuse. Que se soit ma nature ou l’absence d’autres enfant, j’ai toujours su fonctionner et être heureuse seule. Mais j’ai toujours su aller vers les autres et donner mon amour.

    Qu’on est un, deux ou dix loupiot, l’amour est le même. Il ne se divise pas. Toi, tu as encore des tonnes à donner. Peux-être que ce ne sera pas un enfant de tes entrailles, mais un déjà tout prêt, abandonné par une autre. Peut-être que ce sera un ou une camarade de classe de ton gamin, qui aura besoin d’une autre maman. Peut-être, dans longtemps, ce sera une jeune garçon ou une jeune fille rougissant, amené à la maison et tu l’accueillera comme si c’était le tien.

    Moi, je ne veux pas d’enfant. Je n’ai jamais voulu d’enfant. Une affirmation immuable, depuis mes premiers souvenirs.

    J’aime bien les enfants des autres. Je vois certaines de mes amies épanouies quand elles deviennent mère, d’autres continuer comme elles étaient avant. Certaines sont plus mère que femme, d’autres plus femmes que mère, certaines sont surtout artistes…
    Toutes aiment.

    Ton enfant a une chance extraordinaire. Il est aimé, désiré. Cela parait une évidence, mais nous savons toute que la réalité est plus complexe et moins rose.

    Je sais que tu es mal, triste et sèche dedans. Et qu’en même temps, tu aimes. Sans compter, sans condition.

    La joie va revenir, doucement. Et cette amour sera donné, à ton loupiot, à tes proches, et peut-être, à d’autres enfants que tu n’attendaient pas. Qui ne seront pas vraiment les tiens. Et pourtant, tu les aimeras.

    Je t’embrasse bien fort Delphine.

  • Claire

    Je te lis depuis longtemps sans forcément apporter des commentaires : j’aime toujours tes mots justes et la douceur qui se dégage de ton blog. Je suis devenue maman à39 ans d’un petit garçon qui a 8 ans maintenant et qui de fait est fils unique. Mon mari a 2 enfants (20 et 24 ans) d’un premier mariage mais le rapport avec eux est particulier étant donné la distance et la différence d’âge. Mon fils a plein de copains et est sociable : il se fera des frères et sœurs de cœur je n’en doute pas ! Mes bras et mon cœur restent ouverts à tous. Fais confiance et profite. Amitiés … d’une collègue biblio du sud ouest

  • Madame

    Lorsque l’on a voulu un deuxième enfant c’était une envie très forte, viscérale pour moi, j’avais mis tout le reste de côté, je dirais même encore plus forte que pour mon fils que j’ai eu jeune ‘comme ça’.
    Nous avons eu la chance de mener à bien notre projet et aujourd’hui je regarde mes deux bébés (enfin un bien plus grand que l’autre) avec beaucoup d’amour.
    Mais je sais aussi que ma famille, celle que j’ai construite, est née avec mon fils, mon premier, mon tout.

    Il aurait eu une belle vie même sans sa soeur, parce qu’il n’aurait pas connu autre chose. Il a d’ailleurs des amis fils uniques très heureux.

    Cela n’enlève rien à ta douleur mais ton fils dévore la vie et avec deux parents curieux, grands voyageurs, amoureux des livres je ne l’imagine pas un jour se sentir seul.

    Quand à l’avenir, l’accompagnement de fin de vie je pense que c’est très compliqué, même avec un frère ou une soeur, et j’espère, autant que possible, que nous pourrons préparer avant afin de ne pas être un poids pour eux ou source de conflits… Je n’ai pas les mots, c’est décousu mais que tu aies mal pour toi, pour ce que tu endures, ce que ton corps subit je le comprends mais je te garantis que ton fils a juste besoin de vous ♥

    Tendres pensées

  • Maman Rose

    Je suis fille unique et je l’ai toujours très bien vécu. Quand je dis que je n’imaginais pas n’avoir qu’un enfant et qu’on me répond “oui, forcément ça t’a manqué” cela m’étonne à chaque fois. Non, pas du tout… et puis comment je pourrais manquer d’un truc que je ne connais pas?
    Bref, je suis sûre que pour ton fils ce n’est pas un problème :) Ce qui n’enlève rien à ta tristesse bien sûr.
    Je comprend ta douleur mais d’après ce que je comprends tout n’est pas perdu? Je te souhaite sincèrement que ton vœux soit exaucé ♥

  • Madimado

    Je suis vraiment désolée pour toi. En effet, impossible de trouver les mots qui réconfortent, peut-être parce qu’il n’y en a pas. Mais le coeur y est. J’espère qu’après les épreuves, il y a plein de bonheur qui t’attend.

  • La fée bleue

    Un petit mot pour dire que je suis fille unique moi aussi et que je ne l’ai jamais regretté, même si j’ai perdu mes parents tôt, même si je dois aujourd’hui m’occuper de ma grand-mère car ma maman aussi l’était… Enfant unique ou famille nombreuse au final, chaque enfant s’adapte et fait avec, l’important étant d’être élevé dans l’amour. J’ai 37 ans, un petit garçon de presque 4 ans qui sera sans doute fils unique lui aussi et je réfléchis pas mal aussi: est-ce égoïste de ne pas lui donner de frère ou de soeur, et plus tard, comment fera-t-il ? La réponse, c’est qu’il s’adaptera. En Asie, l’égoïsme c’est de faire plusieurs enfants, parce qu’on considère qu’on ne va pas pouvoir leur donner le maximum de chances pour réussir dans la vie… Tout est question de culture, de point de vue… Je sais que mon fils aura la chance de vivre plein de choses qu’il ne vivrait pas s’ils étaient deux… Je sais que si j’aime autant écrire c’est parce que j’ai passé mon enfance à me raconter des histoires et à les écrire dans ma chambre, je sais que je suis introvertie et que pourtant j’adore écouter les gens, j’en ai même fait une partie de mon métier… Il y a plein de clichés sur les enfants uniques, plein sur les relations frères et soeurs, sur les familles nombreuses… Tout est vrai, tout est faux mais le plus important à mon sens c’est d’avoir des enfants épanouis et des parents épanouis, de leur transmettre les clés qui leur permettront plus tard d’être heureux, de surmonter les obstacles, d’étre passionnés… Désolée d’avoir été si longue, je te souhaite bon courage.

  • Margotte

    Je comprends ton désir d’avoir un autre enfant mais être enfant unique n’est pas un handicap.
    Je suis fille unique et cela ne m’a jamais posé problème. C’est agréable d’être le centre du monde de ses parents! C’est sûr que lorsqu’ils sont malades où vieux c’est compliqué mais ça peut aussi très bien l’être avec des frères et soeurs avec qui on ne s’entend pas et qui ne veulent pas s’occuper des parents. Ton fils ne sera pas malheureux pour ça. Je connais plusieurs femmes qui ont eu des enfants à 42 ans, rien n’est perdu. Bon courage

    • delphinesbooks

      J’aimerais croire que rien n’est perdu mes les nombreuses opérations que j’ai subies semblent dire le contraire. Merci de ton témoignage !

  • Violette

    Tu devrais essayer de voir un ostéopathe; j’ai plusieurs amies qui ont eu du mal à tomber enceintes et ont fait des fausses couches et cela a bien marché.

  • Elina

    Ton message me touche infiniment. Je suis (j’ai été ?) dans cette même situation. Un seul enfant, miraculeux, puis la vie qui rend les choses plus difficiles. Jusqu’à la sentence finale : il n’y en aura pas d’autres. Et le coup de poignard quelques années plus tard : il y aura bien un petit frère, mais il ne sera pas de moi. Pendant toutes ces années (j’ai 43 ans), je me suis sentie tellement démunie de ne pas pouvoir être comprise, de ne pas trouver un seul espace pour avoir le droit d’exprimer juste, sans me plaindre, la douleur de l’injustice et du manque. Ce fut un chagrin immense et un long, un très long chemin pour l’accepter et le comprendre.Et puis un jour, on se rend compte que l’on n’est plus esclave de la douleur : elle est toujours là, sourde et fidèle, mais elle n’envahit plus tout. Peut-être parce qu’on a accepté de lui laisser une place ? Peut-être parce qu’on n’a arrêté de vouloir la museler, ou de la crier au monde qui ne la comprend pas ? Est resté le vide, indicible et sa question vertigineuse : et maintenant, on fait quoi ? Que fait-on de ce qui reste une fois que le chagrin est passé ? Le désir immense inassouvi, cela j’avais appris à vivre avec, mais que faire lorsque la vie te met face à la perte paradoxale de ce qui ne t’a jamais appartenu ? Et que faire de cette place que la vie avait laissée en moi ? Alors j’ai réalisé qu’il y avait plusieurs façons de donner la vie, comme l’a fort bien dit Kaeru. Et que la mienne serait d’abord d’être particulièrement attentive à faire grandir intelligemment cet enfant là. Et puis de laisser s’exprimer mon envie (besoin ?) de créer.
    Je souhaite que tu trouves toi aussi une façon de vivre autrement cette capacité de donner de l’amour et de l’attention. Et que dans cette quête, tu te sentes comprise, aimée et en capacité d’exprimer, sans la brider, ta sensibilité.
    Je t’envoie plein de courage et de soutien.

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