brève,  Bribes de bonheur

Fragments de printemps

J’ai déserté le blog.

andir, s’émerveiller et se fâcher (Il a raison, c’est important la désobéissance), je télétravaille le vendredi, je regarde le ciel, je vois des spectacles jeunesse magnifiques et poétiques, je vois des bébés naitre avec grande émotion, j’essaye au mieux de me protéger contre l’adversité et contre les angoisses envahissantes, je plante des graines…

La poésie et les mots sont là, tout le temps auprès de moi, parce que comment vivre sans eux ? je ne sais pas.

Et puis la musique…

Commune présence

Tu es pressé d’écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S’il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir,
Celle qui t’est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d’elle, tout n’est qu’agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t’inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.

Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.

René Char

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

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