Documentaires et essais,  Littérature française

Pourquoi lire ? Charles Dantzig

Je ne pouvais bien évidemment pas résister à un tel livre. Je ne connaissais pas cet auteur et je suis tombée par hasard sur son livre dans une librairie, et lorsque je l’ai ouvert, j’ai vu “Lire pour ne plus être la reine d’Angleterre“, “Lire pour se masturber“, “Lire pour ne pas laisser les cadavres reposer en paix“, ou encore “Lire pour ne pas s’évader” et là, j’ai craqué pour cet essai.

L’auteur

J’ai su après qu’il était l’auteur du Dictionnaire égoïste de la littérature française dont j’avais entendu parler. Charles Dantzig est également l’auteur de L’encyclopédie capricieuse du tout et du rien.

Ce que cet essai nous dit

Charles Dantzig ne dit pas au lecteur pourquoi lire mais plutôt pourquoi lui, lit. Il nous livre sa vision de la lecture et de la littérature  “Elles vont ensemble, indissociables. La lecture fait parti de la littérature, les deux sont la vie.” L’auteur dit en quoi les best sellers et autres livres de genre, “à intention” ne font pas partie de la littérature. On y apprend par contre son amour pour Marcel Proust, et sa haine pour Céline.

Dans de courts mais nombreux chapitres (80), il provoque le lecteur, va à l’encontre des idées reçues : “Lire ne sert à rien“, “Lire pour savoir que lire n’améliore pas“.  Il parle également du pouvoir des mots, des livres et de la littérature, dans un chapitre nommé “Lire pour se réveiller d’une anesthésie“, il montre la force de la littérature par rapport aux autres formes d’écrits (le journalisme).

Ce que j’en ai pensé

J’ai aimé lorsque l’auteur provoque le lecteur et j’ai évidemment souri lorsqu’il balance sur la littérature de genre, même si j’ai trouvé ça attendu et facile. J’ai moins accroché aux passages où Dantzig se met en scène en tant que lecteur et en tant qu’écrivain, avec de surcroit un style un peu trop péremptoire à mon goût.

J’ai aimé lorsqu’il évoque plus généralement la lecture car il sait montrer l’appétit infini du lecteur passionné avec beaucoup de justesse et d’humour aussi. Et par dessus tout j’ai aimé cette vision de la lecture allant de pair avec la littérature.

Extraits

Beaucoup de passages savoureux et justes.

L’effronterie du lecteur est ailleurs ; dans ce recueillement au milieu de l’action, dans l’esprit détaché du pratique, dans ce front baissé vers des lignes où il lit des choses qui le renforcent contre les puissances. Oui, voilà pourquoi on lit. On étaie son pauvre être au milieu de la force en marche. On se donne les moyens de sa faiblesse.

Les grands lecteurs sont des alcooliques reprenant un verre, des obèses se resservant de baba, des adolescentes remettant une couche de vernis à ongles à paillettes, des décorateurs multipliant les bibelots […]

Sur la littérature de genre

Ainsi est né Twilight, le premier roman de vampires qui ne soit pas fait avec du sang, mais avec du navet.

Un essai qui rappelle Comme un roman de Pennac où l’auteur nous disait d’un côté, le lecteur a  “le droit de lire n’importe quoi“, et d’un autre, de façon un peu hypocrite, défendait une certaine vision de la littérature. Ici, point d’hypocrisie, Dantzig assume et revendique l’élitisme,  je préfère, même si je ne suis pas forcément d’accord avec lui.

Un livre qui plaira aux lecteurs passionnés et autres amateurs de littérature pointue. J’ai pour ma part assez envie de continuer à explorer les livres de Mr Dantzig… et encore plus tous les autres (mais toujours pas ceux de Proust).

Voir le billet de livrogne

Ici et là, des livres, des mots sur tout et rien. Et des livres, encore et toujours.

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